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Les festivals luttent contre le harcèlement

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Photo d'archives, Daniel Mallard Les Francos et le FEQ ont repris l’idée du Festival de jazz de Montréal et créé une brigade pour prévenir le harcèlement sexuel lors de grands rassemblements.

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Le Festival International de Jazz de Montréal l’a fait l’année dernière en mettant sur pied les Hirondelles. L’initiative a depuis été reprise par plusieurs autres festivals montréalais, et le Festival d’été de Québec vient d’emboîter le pas en créant la Brigade. La prévention du harcèlement sexuel dans les grands événements, en particulier dans les festivals de musique, est enfin prise au sérieux.

Dans la foulée de la vague sans précédent de dénonciations de crimes à caractère sexuel qui secoue la planète, des gestes sont finalement posés pour rassurer les festivaliers, en particulier les femmes, qui ne souhaitent rien d’autre que pouvoir assister à un concert et s’amuser sans craindre d’être pris pour cible par des spectateurs aux mains baladeuses.

Parce que, de tout temps, les concerts en plein air, qui attirent une clientèle jeune et sur le party, ont constitué un terrain de chasse privilégié pour les agresseurs.

En mars, une journaliste du Teen Vogue s’est rendue au Festival de Coachella, le rendez-vous musical le plus populaire aux États-Unis, et a interrogé 54 festivalières. Toutes ont affirmé avoir été victimes d’attouchements ou de paroles déplacées. La journaliste a elle-même affirmé s’être fait tripoter 22 fois pendant les 10 heures qu’elle a passées sur le site à mener ses entrevues.

Ces résultats, peu édifiants, n’ont rien d’étonnant quand on sait qu’un sondage mené par OurMusicOurBody, une campagne anti-harcèlement dans les trois festivals majeurs de Chicago (Lollapalooza, Riot Fest et Pitchfork), a révélé que plus de 90 % des répondantes ont soutenu avoir été victimes de harcèlement lors d’un de ces festivals.

Peu d’études

Au Québec, il existe très peu de données sur la prévalence des inconduites sexuelles dans les festivals de musique. À Montréal, dans une étude menée par le Conseil des Montréalaises à la demande de la Ville, en 2016, plus de la moitié des 976 femmes interrogées ont affirmé avoir déjà été victimes de harcèlement ou d’agression lors d’un événement extérieur.

À Québec, le Festival d’été n’a encore jamais produit une étude du genre, même s’il attire régulièrement plusieurs dizaines de milliers de spectateurs sur ses différentes scènes lors des 11 jours de l’événement. Du côté de l’organisation, on parle de gestes isolés rapportés à des gardiens de sécurité, mais il faudrait être naïf pour croire que toutes les spectatrices signalent le moindre attouchement dont elles sont victimes.

Place à l’action

N’empêche, des actions sont prises. La brigade des Hirondelles, créée en 2017 en vue du Festival de jazz pour venir en aide aux personnes vulnérables, a été repêchée depuis par tous les grands festivals montréalais du Groupe CH et evenko. Ça m’apparait essentiel pour un festival comme Osheaga, qui rejoint une clientèle similaire à celle de Coachella.

Au FEQ, ce sont plus d’une soixantaine d’employés qui ont été formés pour intervenir auprès des personnes victimes d’inconduites sexuelles et qui seront facilement identifiables.

On table sur l’effet dissuasif et les premiers échos de l’expérience des Hirondelles laissent croire à du positif. Le PDG de Spectra, Jacques-André Dupont, a mentionné que les festivalières s’étaient senties rassurées par Les Hirondelles.

Maintenant, il faut espérer que ces initiatives fassent des petits et que tous les grands événements musicaux, et Dieu sait qu’il y en a durant l’été au Québec, se dotent d’escouades semblables.

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