/opinion/blogs/columnists
Navigation

Tu m’appelles Monsieur le président

Tu m’appelles Monsieur le président
Photo AFP

Coup d'oeil sur cet article

 

 

Vous avez sûrement vu passer cette vidéo montrant le président français Emmanuel Macron remettant à sa place un jeune malotru qui l’avait interpelé en lui lançant: «Ça va Manu?» lors d’une cérémonie pour le 78e anniversaire de l’appel du 18 juin de Charles De Gaulle (appelant à la résistance contre la tyrannie nazi).

«Tu m’appelles monsieur le président de la République, ou monsieur» a répondu le président. (Vous pouvez voir l'intégrale de l'échange ici)

 

 

Loin d’être anodin, cet accrochage est très révélateur.

Ce qui frappe d’abord, c’est que jamais, au grand jamais, un premier ministre québécois ou canadien, n’aurait repris un jeune de cette façon. Vous imaginez un Trudeau ou un Couillard faisant la leçon à une jeune, dans une société d’enfants-rois, dans une société «chill», «cool», «relax, man» ? Vous imaginez Pauline Marois avec ses casseroles en 2012, taper sur les doigts d’un carré rouge qui aurait été trop familier avec un ou une élue ?

Ce que le Président de la République française fait en reprenant ce jeune, c’est souligner la noblesse de la fonction. Un chef d’État ou de gouvernement, ce n’est pas un pote, un copain, un chum.

Ce n’est pas un Dieu, non plus, mais on doit quand même un minimum de respect à ceux et celles qui occupent les plus hautes fonctions de l’État.

Mais il y a autre chose. Dans la vidéo, on voit bien que le jeune chante l’Internationale: «C’est la lutte finale...» le cri de ralliement des petits révolutionnaires de salon, l’hymne national des socialistes et anarchistes en culottes courtes.

C’est pourquoi le président lui répond qu’en ce 18 juin, jour de mémoire de l’appel du général de Gaulle, on chante La Marseillaise.

Ce que ce petit baveux n’a pas compris, c’est qu’il a non seulement manqué de respect au président mais aussi aux résistants, qui ont risqué leur vie ou donné de leur sang pour la patrie. La patrie, un concept peut-être trop noble et sérieux pour ce petit mal élevé.

Enfin, quand le président lui dit: «Si un jour tu veux faire la révolution, tu apprends d’abord à avoir un diplôme et à te nourrir toi-même. Et à ce moment-là t’iras donner des leçons.», c’est comment dire... une sacré gifle. Bien méritée.

Si vous écoutez la vidéo jusqu’au bout, vous verrez que le président s’attarde. Alors que le jeune demande pourquoi il devrait se forcer pour avoir une mention au brevet (donné à la fin du secondaire en France), le président lui répond qu’il faut avoir un idéal dans la vie, viser haut. Ceux que l’on honore le 18 juin ne se sont pas contentés de passer la barre, ils ont visé haut.

Toute une leçon d’histoire, d’ambition et de patriotisme que ce président a servi à un jeune blanc-bec.

Gageons qu’au Québec, un PM qui aurait agi comme Emmanuel Macron se serait fait traiter de snob arrogant. Hé misère.