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Un emploi gagné, 16 de perdus

<b>Philippe Couillard</b><br /><i>Premier ministre du Québec</i>
Photo Agence QMI, Toma Iczkovits Philippe Couillard
Premier ministre du Québec

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Débusquer les fausses nouvelles, vérifier les déclarations des politiciens, trouver les vrais chiffres : les recherchistes de notre Bureau d’enquête, basées à Montréal, Québec et Ottawa, se spécialisent dans l’art de rétablir les faits. Chaque samedi, elles vous présentent leurs trouvailles pour vous permettre d’y voir plus clair dans l’actualité de la semaine.


L'énoncé

Annonçant une mission aux États-Unis pour dénoncer les tarifs protectionnistes de Donald Trump, le premier ministre Philippe Couillard a énoncé mercredi une statistique surprenante à propos des impacts des mesures du président sur l’économie américaine.

« Pour chaque emploi dans l’acier ou l’aluminium que ces mesures permettent de créer aux États-Unis, ce sont 16 emplois dans d’autres secteurs de l’économie américaine qui seront perdus. »

Les Faits

Les chiffres semblent démesurés, mais Philippe Couillard a raison. Selon le plus récent rapport de Trade Partnership Worldwide, une firme se spécialisant en analyse des échanges commerciaux internationaux, les États-Unis risquent de perdre 432 747 emplois dans différents secteurs, particulièrement dans l’industrie automobile et les manufactures utilisant beaucoup d’acier.

« Ces emplois sont principalement situés dans les communautés manufacturières du Sud et dans la “Rust Belt” », soulignent les auteurs du rapport. Ironiquement, ce sont ces États du Nord-est américain qui ont contribué à l’élection du président Trump en 2016.

Les tarifs de 25 % sur les importations d’acier et 10 % sur celles d’aluminium devraient créer 26 280 emplois, soit 16 fois moins que le nombre d’emplois perdus.

Ces plus récentes données datent du 5 juin et tiennent compte des ripostes tarifaires des partenaires commerciaux des États-Unis, dont le Canada. En mars, ce rapport prévoyait un ratio de cinq emplois perdus pour un emploi gagné.

En 2002, le président George W. Bush avait lui aussi imposé des tarifs sur l’acier, ce qui avait causé la perte nette de 200 000 emplois, seulement dans l’industrie automobile.