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Légalisation du cannabis: des élèves veulent en sensibiliser d’autres

Laurence Paradis (4e secondaire), Stéphane Picard, de l’organisme La Montée, Océanne Bérubé-Bouchard et Anabelle Malenfant (3e secondaire)
Photo courtoisie Laurence Paradis (4e secondaire), Stéphane Picard, de l’organisme La Montée, Océanne Bérubé-Bouchard et Anabelle Malenfant (3e secondaire)

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RIVIÈRE-DU-LOUP | En prévision de la prochaine rentrée scolaire, trois jeunes filles de secondaire 3 et 4 qui se sentent interpellées par la légalisation de la marijuana ont préparé un plan pour sensibiliser à leur manière les autres élèves de leur école à la consommation de cannabis.

Anabelle Malenfant, ainsi que deux autres élèves, Océanne Bérubé-Bouchard et Laurence Paradis, ont assisté à une conférence sur les effets du cannabis qui leur ont donné l'idée de prendre les choses en main. Elles ont travaillé leur projet durant leurs temps libres.

«On sait comment est notre génération et on sait comment attirer notre attention», dit avec aplomb Anabelle Malenfant, une élève qui ira en secondaire 4 l’an prochain au Collège Notre-Dame de Rivière-du-Loup. Elles ne veulent pas passer leur temps assises à écouter quelqu'un parler et veulent que ce soit interactif et qu'il y ait des activités.

Si leur école n’est pas aux prises avec des cas de consommation excessive, ses camarades et elles souhaitent faire de la prévention et préparer les jeunes dès la première année de secondaire.

«Le cerveau arrête de se développer autour de 25 ans, ce pourrait être correct (de consommer) à partir de 25 ans, même si je ne dis pas que c’est une bonne chose. Ce n’est pas tout le monde qui sait ça. On veut aussi qu’ils aient une réflexion sur eux-mêmes pour savoir si c’est dans leurs valeurs. On va parler aussi de l’influence des autres», dit Anabelle Malenfant. La sensibilisation s’adresse aussi aux professeurs et aux parents.

Rare initiative

Pour valider leurs recherches, elles ont fait appel à un professionnel, Stéphane Picard du Centre La Montée de Rivière-Ouelle, qui soutient les personnes vivant un problème de dépendance. Ce dernier a été agréablement surpris de l’initiative de ces élèves et de la qualité des éléments ciblés. «J’ai longtemps fait de la prévention dans les écoles secondaires et d’avoir un groupe motivé comme cela, j’ai rarement vu ça. Ce sont vraiment les élèves qui voulaient faire quelque chose», dit-il.

«Je pense que les préoccupations ont probablement grandi parce qu’on parle beaucoup du cannabis ces derniers temps à cause de la légalisation. Ç’a ça de bon la légalisation. Ça nous pousse comme société à nous organiser, à faire des choses», retient-il. 

Les intéresser

Les trois élèves souhaitaient surtout suggérer aux professionnels qui s’adresseront aux jeunes de le faire d’une certaine façon pour s’assurer d’avoir toute l’écoute voulue, en faisant des activités comme des questionnaires vrais ou faux, par exemple.

Elles ont touché un point sensible, estime Stéphane Picard. «C’est le nerf de la guerre, être capable d’intéresser vraiment les jeunes. De travailler avec des jeunes plus vieux qui vont peut-être intervenir avec les plus jeunes, ça peut être pertinent», croit-il.