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Grève illégale: la FTQ-Construction a envisagé de larguer les grutiers

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Le président de la Fédération des travailleurs du Québec admet qu’il a été question de mettre sous tutelle ou désaffilier le syndicat des grutiers pendant la grève illégale.

« Je sais qu’il y a eu des discussions à cet effet-là entre la FTQ-Construction et le syndicat des grutiers, mais on n’a pas eu à aller jusque-là puisque le syndicat a demandé à ses membres de revenir au travail [lundi] matin, et ils sont revenus au travail ! » dit Daniel Boyer, en entrevue.

Daniel Boyer<br>
<i>Président FTQ</i>
Photo Agence QMI, Simon Clark
Daniel Boyer
Président FTQ

Pas impliquée dans la grève

Il assure que la FTQ n’a jamais été impliquée dans la décision de déclencher une grève illégale qui a paralysé tous les grands chantiers.

« Ils ne nous ont jamais demandé la permission ou l’autorisation. Ils sont assez grands pour faire leurs affaires eux-mêmes, et ils ont fait les affaires eux-mêmes », assure le président de la plus grande centrale syndicale au Québec.

Dès le 7 juin, notre Bureau d’enquête révélait les intentions du local 791G des grutiers, affiliés à la FTQ, de déclencher une grève des heures supplémentaires, puis de débrayer complètement le 18 juin. Ils s’opposaient ainsi aux changements au règlement sur la formation dans leur métier.

Jeudi, le Tribunal du travail a ordonné aux grutiers de retourner sur les chantiers. Ils se sont exécutés mardi.

Le retour de Jocelyn Dupuis

Daniel Boyer dit aussi qu’il a été étonné de voir Jocelyn Dupuis faire son retour dans le syndicalisme en se présentant dans plusieurs rassemblements de grutiers.

« Oui, j’ai été un peu surpris, mais il n’est pas revenu à la FTQ, dit-il. J’ai cru comprendre que Jocelyn Dupuis était redevenu un membre du syndicat du 791G, donc il a le droit de redevenir membre du 791G s’il l’accepte dans ses rangs. »

Directeur de la FTQ-Construction jusqu’en 2008, Dupuis a ensuite purgé une peine de prison pour avoir détourné les fonds de sa propre centrale syndicale.

« Ce qui s’est passé avec lui et d’autres n’aurait jamais dû avoir lieu, dit Daniel Boyer. Mais depuis 2011, la FTQ est en bon ordre. »

Il ajoute qu’il n’a pas parlé à Dupuis « depuis un méchant bout de temps ».

Par ailleurs, le président de la FTQ se réjouit des intentions de la ministre du Travail Dominique Vien. Elle dit vouloir rencontrer « rapidement » les dirigeants de la centrale et mettre sur pied un « comité indépendant » sur les nouvelles règles.

« Par contre, il est hors de question de revoir le règlement », insiste cependant l’attaché de presse de la ministre, Florent Tanlet. Daniel Boyer espère que Québec « va changer d’idée » si le comité démontre qu’il compromet la sécurité.