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Des enfants de Laval barouettés

Des parents critiquent les règles qui forcent leurs jeunes à changer d’école

Justin Deschênes-Cyr (à l’avant) en compagnie de son père Guy Deschênes, de sa mère Julie Cyr et de son grand frère Thomas Deschênes-Cyr. C’est notamment pour qu’il soit avec son frère que ses parents avaient demandé à ce qu’il demeure à l’école du quartier après la maternelle.
Photo Dominique Scali Justin Deschênes-Cyr (à l’avant) en compagnie de son père Guy Deschênes, de sa mère Julie Cyr et de son grand frère Thomas Deschênes-Cyr. C’est notamment pour qu’il soit avec son frère que ses parents avaient demandé à ce qu’il demeure à l’école du quartier après la maternelle.

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Un garçon de 10 ans qui a passé cinq ans à la même école de Laval devra quitter l’établissement parce qu’il a le malheur d’habiter quelques rues trop loin de l’école la plus proche de chez lui.

« On me dit : on ne peut rien faire, c’est la règle. Mais derrière un code postal, il y a un enfant », rappelle Julie Cyr.

Son fils Justin Deschênes-Cyr, 10 ans, devra changer d’école l’an prochain parce que de nouveaux enfants arrivent dans le secteur.

La petite famille habite dans un quartier résidentiel de Laval. À 1,6 kilomètre de leur maison se trouve l’école Cœur-Soleil. Mais en raison du découpage du territoire, les enfants de leur rue sont assignés à l’école Le Petit Prince, à 3,4 km de là.

Obligatoire

Ironiquement, c’est la Commission scolaire de Laval (CSDL) qui a obligé le petit Justin à aller à CœurSoleil en maternelle, faute d’espace à Petit Prince.

Dès la 1re année, la CSDL a voulu le renvoyer à Petit Prince, mais ses parents ont demandé à ce qu’il reste à Cœur-Soleil puisque c’est là qu’il avait commencé sa scolarité. Pour cette raison, il était considéré comme « en libre choix ».

« Mais en fait, on n’a pas choisi grand-chose. » Cela ne posait pas de problème jusqu’en 4e année. Mais l’an prochain, il devra finalement aller à l’école Des Cèdres, située à 3,1 km.

Or, Justin a tendance à être anxieux à l’école. Les débuts d’année sont stressants pour lui.

« Alors que les nouveaux enfants, eux, devront s’adapter à un nouvel endroit de toute façon », dit Mme Cyr.

Elle s’est plainte à la directrice, puis au comité de révision des plaintes de la CSDL, en vain.

« Parce qu’on habite un peu loin, ils jouent au ping-pong avec nous. Mais ceux qui habitent proche ont tous les droits. Et tout ça pour quelques centaines de mètres. »

Justin n’est pas le seul de sa classe à vivre cette situation. Sur la même rue, Louis Cousineau critique lui aussi le barouettage que doit subir sa fille Clodie.

Un enfant, trois écoles

Elle a été obligée de faire sa maternelle à Cœur-Soleil, pour ensuite faire ses 2e et 3e années à Petit Prince. Elle a choisi de retourner à Cœur-Soleil en 3e et 4e, pour encore une fois être obligée de changer en 5e année.

La présidente de la CSDL, Louise Lortie, ne veut pas commenter les cas précis, mais explique que le fait d’habiter dans « l’aire de desserte » de l’école est le critère privilégié.

« Des fois, il n’y a plus de place. Un seul élève qui redouble peut nous forcer à en sortir un autre, dit-elle. Ces parents savaient que leur enfant risquait d’être changé d’école. »