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Un homme n’est pas une femme

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La scène s’est passée en France il y a quelques jours, dans le cadre d’une émission consacrée à la Fierté gaie.

L’animateur constate l’absence de femmes dans son émission et affirme qu’on n’y trouve que quatre hommes. Mais l’un d’entre eux s’insurge.

Il a beau avoir l’air d’un homme, avoir une voix masculine et porter la barbe, il ne tolère pas ce qu’il vient d’entendre : « Je ne suis pas un homme, Monsieur » ! On lui demande alors ce qu’il est. « Non-binaire », répond-il, avec un sérieux désarmant­­­.

L’extrait, devenu viral sur les médias sociaux, suscite l’hilarité générale.

 

LGBTQIA+

Imaginons toutefois la même scène au Québec, paradis du politiquement correct, où on n’en finit plus de reclasser l’alphabet lorsqu’on parle des LGBTQIA+ (d’ici quelques années, on ajoutera des lettres).

Je ne parle pas des droits des homosexuels ici, mais de la remise en question de la différence sexuelle. Tout ce qui transgresse les représentations traditionnelles de l’identité sexuelle est valorisé médiatiquement.

Comme d’habitude, les préoccupations issues des marges en viennent à occuper tout l’espace politique et le commun des mortels doit s’y faire, et même se taire, sans quoi on l’insultera­­­.

Si au Québec, on s’était moqué de cet homme qui s’indigne qu’on lui rappelle qu’il en est un, on aurait assisté à un tsunami d’indignation médiatique. On aurait dénoncé une série de phobies. Et on aurait pris le monsieur­­­-pas-content-d’être-un-monsieur pour un militant courageux méritant notre admiration. On aurait fait de cet hurluberlu un héros en lutte contre les discriminations.

Quand une idéologie radicale parvient à nous obliger à penser le monde dans ses termes, c’est le signe que la société devient folle. Et nous y sommes. Rappelons-nous quand Service Canada avait demandé à ses employés de ne pas utiliser les mots Madame et Monsieur avec ses usagers pour éviter de présumer leur identité de genre.

Dans ce monde renversé, il devient courageux de rappeler que la réalité existe, que 2 plus 2 font 4 et qu’un homme n’est pas une femme non plus qu’une entité non binaire. L’identité sexuelle n’est pas un pur choix soumis à nos caprices et nos désirs.

Certes, au fil de l’histoire, nos représentations du masculin et du féminin ont varié, mais la référence au masculin et au féminin demeure essentielle pour toutes les sociétés humaines.

Évidemment, il faut faire preuve de la plus grande empathie pour ceux qui se sentent à ce point étrangers à leur sexe qu’ils basculent dans la détresse, en trouvant une manière de les accommoder sans mauvaise foi.

Déconstruction

Mais soyons sérieux : ces cas sont ultra-marginaux et on ne saurait rebâtir la société à partir d’eux. On ne saurait non plus laisser la gauche radicale instrumentaliser leur malheur­­­ pour justifier son entreprise de déconstruction identitaire.

Car c’est de cela qu’il s’agit : nos sociétés, saisies de l’ivresse de la déconstruction, ne savent plus s’arrêter­­­. Elles se jettent dans le vide, et la jeunesse payera le prix de cette désorientation causée par la destruction des repères fondamentaux. Elle le paye déjà.