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Raymond Dion quitte Équipe Labeaume pour s'exprimer plus librement

Raymond Dion est le conseiller municipal qui a obtenu le plus de votes à Québec lors des dernières élections, en novembre 2017, soit 6020.
Photo Didier Debusschère Raymond Dion est le conseiller municipal qui a obtenu le plus de votes à Québec lors des dernières élections, en novembre 2017, soit 6020.

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Le conseiller Raymond Dion a annoncé vendredi matin qu’il quittait Équipe Labeaume pour siéger comme indépendant, une deuxième défection en moins de deux mois au sein des troupes du maire.

« Je souhaite retrouver comme élu une certaine liberté d’expression », a exprimé M. Dion, qui a avisé le maire vendredi matin. Il a fait cette annonce dans son district de Loretteville–Les Châtels.

C’est la deuxième perte pour le maire de Québec, après le départ fracassant de son ex-lieutenant, Jonatan Julien, il y a moins de deux mois. Cela gonfle les rangs de l’opposition à six conseillers sur 21.

Raymond Dion dit vouloir s’exprimer « quand et comment » il le veut. Il souhaite également voter librement sur les dossiers, sans devoir se plier à une ligne de parti.

Le transport structurant est un des « dossiers majeurs » qui ont fait pencher la balance. S’il est convaincu du bien-fondé de l’implantation d’un tel système à Québec, il a admis qu’il n’était « pas d’accord avec le SRB et le tracé Charest ».

« Un tramway, ça ne fait pas pousser des blocs. Pendant plusieurs années, j’ai accepté ce projet-là pour lequel je n’étais pas d’accord. [...] Je n’ai pas eu la facilité de faire valoir mon opinion sur le tracé et j’en avais beaucoup de peine. »

Il conteste aussi le fait que le nord-ouest de la ville est mal représenté par le projet structurant actuel. Il promet de talonner les responsables du projet pour obtenir des bonifications pour sa population.

Le dossier de l’Espace innovation Chauveau l’a aussi rendu amer. Il aurait aimé qu’on y inclue de l’habitation. « Quand on a une ligne de parti, une solidarité, ça nous contraint. Comme indépendant, on peut amener le débat sur la place publique. »

La décision a été mûrement réfléchie, et elle n’est pas un désaveu de Régis Labeaume, a souligné M. Dion. « J’ai fait 10 ans avec M. Labeaume. J’ai trouvé ça correct. Mais je suis rendu là pour pouvoir m’exprimer librement. Je suis très heureux de pouvoir dire que je vais m’engager à défendre mes concitoyens totalement. »

« Convictions profondes »

Selon nos informations, M. Dion n’aurait pas digéré d’être exclu du comité exécutif, deux fois plutôt qu’une depuis les dernières élections. Il brillait d’ailleurs par son absence lors du remaniement de l’exécutif qui a suivi le départ de Jonatan Julien.

M. Dion nie ces allégations. « Non, je n’ai pas été déçu, car l’exécutif ne donne pas de liberté de parole, ce que je cherche », a-t-il répondu lorsqu’interpellé par Le Journal, en fin de journée.

Le nouvel indépendant n’a pas discuté de ses intentions avec Jonatan Julien. Le fait que M. Julien se soit détaché du parti du maire a cependant contribué à sa réflexion, surtout lorsqu’il l’a vu concrètement exercer son rôle. Il dit être motivé par des « convictions profondes » et n’a pas l’intention de former une alliance avec qui que ce soit.

Raymond Dion a été conseiller municipal de la Ville de Loretteville de 1997 à 2001. Il est conseiller à Québec depuis 2005. Il a été membre du comité exécutif de 2007 à 2009 et président du RTC de 2009 à 2013. Il est président de l’arrondissement de La Haute-Saint-Charles depuis novembre 2013, et conservera ce poste.

Joint au téléphone, Jonatan Julien n’a pas voulu commenter la décision de son collègue.

« On respecte son choix »

Le maire de Québec, par la voix de son attaché de presse, Paul-Christian Nolin, a affirmé que « tout le monde peut s’exprimer librement au sein d’Équipe Labeaume ».

Il a tenu à remercier M. Dion pour sa contribution. « On respecte son choix. [...] On lui souhaite bonne chance dans la continuation de son mandat. »

— Avec la collaboration de Jean-Luc Lavallée