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Voir la terre de Caen à bord du Bella Desgagnés

Le Bella Desgagnés arrive à Kegaska.
Photo Sylvie Ruel Le Bella Desgagnés arrive à Kegaska.

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Le Québec est vaste. Très vaste. Peut-on croire qu’à l’extrémité est de la province, il existe encore un coin de pays où la route ne se rend pas ? Sur la Basse-Côte-Nord, la route s’arrête en effet à Kegaska, 60 km passés Natashquan. De là, elle cède la place à plus de 400 km de littoral sculpté dans le roc. Un lieu unique, isolé et dénudé, où la forêt est presque inexistante... Des paysages où mer et ciel se confondent dans l’infini... Et des villages francophones, anglophones ou montagnais complètement isolés... On accède à ce coin de pays en avion ou en bateau.

C’est le Bella Desgagnés, qui d’avril à janvier, dessert la Côte et la Basse-Côte-Nord. Ce dernier quitte Rimouski le lundi pour arriver à Blanc-Sablon le vendredi et revenir à Rimouski le lundi. Douze arrêts sont prévus à l’itinéraire, et ce, à deux reprises. Le trajet total compte 2220 km.

Coucher de soleil à Anticosti.
Photo Sylvie Ruel
Coucher de soleil à Anticosti.

Le Bella Desgagnés est un cargo mixte. C’est-à-dire que sa mission première est de livrer des marchandises destinées aux populations des villages de la Côte et la Basse-Côte-Nord, tout en leur fournissant un moyen de transport. Le navire accueille aussi des passagers désireux de découvrir cette région. Mais comme la navigation est soumise aux conditions météo, pas toujours tranquille dans ce bout du monde, il faut parfois s’attendre à des retards ou impondérables. Ce qui ajoute du plaisir à l’aventure !

Escales

Ainsi, après avoir enfilé la route 138, je devais m’embarquer sur le navire à Natashquan, mais de forts vents l’ont empêché d’accoster. J’ai donc dû le rejoindre à Kegaska, au bout de la route.

Les escales dans les villages durent le temps nécessaire au chargement et au déchargement des marchandises et varient de une heure trente à quatre heures. Pendant que les grues déposent sur le quai les matériaux de construction, les voitures, les briques, les caisses de laitue, les poulets, etc., nous en profitons pour aller découvrir le coin. Comme certains villages sont situés à quelques kilomètres des ports, nous partirons avec notre vélo (oui, il est possible de l’embarquer à bord), ou encore nous nous joindrons à une excursion ou visite en compagnie d’un guide local.

Arrivée à Harrington Harbour.
Photo Sylvie Ruel
Arrivée à Harrington Harbour.

Si le Québec est vaste, il est beau aussi. Nous aurons bien sûr un coup de cœur pour le village d’Harrington Harbour. En voyant son petit port protégé des vents, ses maisons perchées sur des terrains rocheux, ses trottoirs en bois, ses cordes à linge qui flottent au vent, son quai animé par le va-et-vient des pêcheurs, nous comprendrons pourquoi ce village figure au palmarès des plus beaux du Québec.

Église de Harrington Harbour.
Photo Sylvie Ruel
Église de Harrington Harbour.

Du monument Jacques Cartier qui surplombe le village et rappelle le passage de l’explorateur ici, la vue est simplement splendide : l’endroit est idéal pour observer les baleines, les icebergs et les îles des alentours.

Comme un diamant

Le village de Tête-à-la-Baleine est la seule communauté entièrement francophone de la Basse Côte. Le village n’a rien d’impressionnant, mais le chapelet d’îles autour mérite le détour. La belle île Providence, sur laquelle s’accrochent des maisonnettes de couleurs vives et que domine la plus ancienne chapelle de la Côte-Nord, brille comme un diamant lorsqu’il fait soleil.

Pour rejoindre le village de Saint-Augustin, nous naviguons dans les grands rigolets, un corridor de roc enveloppé de lichens, aux multiples nuances de verts où s’agrippent de rares épinettes. Cette contrée déserte, fouettée par les grands vents, mérite bien son nom de terre de Caen. « Ici, nous devons avoir une vie spirituelle, m’a confié une dame de la Basse-Côte. Nous devons croire que nous sommes protégés pour vivre dans pareil endroit. »

Mutton Bay, un village anglophone avec ses maisons de couleurs où vivent moins de 80 habitants, offre un décor de carte postale. Le village est relié à celui de La Tabatière par une route qui, à certains endroits, passe directement sur les rochers.

Village de Mutton Bay.
Photo Sylvie Ruel
Village de Mutton Bay.

Et nous voici à Blanc-Sablon, à la fin du Québec, avec son relief accidenté, son climat imprévisible et son grand vent. Ici, de décembre à juillet, on voit défiler les icebergs en provenance du Groenland et de la mer de Baffin. Blanc-Sablon est reconnu pour ses nombreux sites archéologiques. Nous irons voir les impressionnantes chutes de Brador, visiterons le musée de Monseigneur Scheffer, le premier évêque du Labrador. Et nous irons nous faire tirer le portrait à la frontière du Labrador.

Chutes de Brador à Blanc-Sablon.
Photo Sylvie Ruel
Chutes de Brador à Blanc-Sablon.

Oui, s’embarquer sur le Bella Desgagnés est un beau voyage à s’offrir pour découvrir l’immensité de notre Québec et ses coins isolés !

Le Bella Desgagnés :

  • Ce navire moderne, confortable, à la fine point1e de la technologie, accueille 381 passagers (160 couchettes) et il est doté de 8 ponts. Le pont 8 est un pont d’observation où l’on regarde défiler les paysages en admirant les superbes couchers de soleil... et parfois les baleines.
  • Itinéraire : Rimouski, Port-Menier, Havre-Saint-Pierre. Natashquan, Kegaska, La Romaine, Harrington Harbour, Tête-à-la-Baleine, La Tabatière, Saint-Augustin, Blanc-Sablon.
  • Salle à manger de 88 places où sont offerts chaque jour trois repas aux saveurs régionales (excellente table). Il y a aussi une cafétéria pour les mets rapides.
Repas à bord du Bella Desgagnés.
Photo Sylvie Ruel
Repas à bord du Bella Desgagnés.
  • Le navire inclut cinq salons intérieurs, une salle d’entraînement, une infirmerie, des points d’accès internet.
  • www.relaisnordik.com | Pour réservations : 1-800-463-0680
  • L’entreprise Voyages Coste organise des excursions ou visites guidées dans chacun des villages (non inclus dans le forfait). Voyages Coste : 1-877-573-2678