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La beauté du Mondial

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Longtemps, je me suis méfié des amateurs de sports. Je les trouvais lourds à parler de leur équipe pendant les quatre saisons de l’année. Comment pouvaient-ils s’identifier autant à la victoire de leur club ? Je veux bien qu’on soit fier de ses propres exploits, mais n’y a-t-il pas quelque chose de louche à se montrer fier des exploits des autres ?

Sport

Puis, je suis tombé cet été sur le Mondial. Et je ne sais trop comment, je suis passé d’un détachement presque cynique à une passion inattendue, où chaque fois que je tombe sur un match, je choisis mon club et j’espère sa victoire. Délire passager ? J’espère que non. J’ai simplement compris ce que j’aurais dû comprendre depuis longtemps.

D’abord, les grandes compétitions sportives internationales répondent à une passion humaine fondamentale. Dans un monde où le patriotisme est traité comme une peste morale, les peuples peuvent enfin se livrer à une compétition civilisée. On peut, pour un instant, espérer voir son pays triompher. C’est l’occasion de souhaiter la victoire des siens ou de l’équipe qu’on admire. Je suis de ceux qui aiment voir un peuple ému par son drapeau et chanter l’hymne national.

Discipline

Mais aussi, le sport est un domaine de l’existence où le relativisme s’effondre sous le poids de sa bêtise. Au terme du match, il n’y a pas deux vainqueurs, et personne sur le terrain ne s’imagine que l’essentiel est de participer. Les athlètes ne jouent pas pour jouer, mais gagner. Et même si le sport est un divertissement, ceux qui se donnent sur le terrain le font avec un sens absolu du sacrifice et une discipline presque militaire. Et ils doivent jouer en équipe pour arriver à leurs fins. Le Mondial est une superbe illustration des vertus humaines les plus exemplaires.

Et quant à moi, je prie pour la victoire de la France !