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Les professeurs branchés ne craignent pas d’être remplacés

Marie-Ève Poulin et Steve Desfossés, dans une classe du Collège Saint-Bernard, avec leur méthode d’enseignement de prédilection : un ordinateur.
Photo Caroline Lepage Marie-Ève Poulin et Steve Desfossés, dans une classe du Collège Saint-Bernard, avec leur méthode d’enseignement de prédilection : un ordinateur.

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Marie-Ève Poulin et Steve Desfossés

42 et 43 ans | Éducation (en sécurité)

Années d’expérience : 19 et 16 ans


DRUMMONDVILLE | Des enseignants qui ont abandonné les cours magistraux pour laisser les élèves devant leur portable en classe ne craignent pas d’être un jour remplacés par la technologie.

Marie-Ève Poulin enseigne le français et Steve Desfossés, la physique et la science au Collège Saint-Bernard, à Drummondville. Ces deux profs de niveau secondaire ne consacrent plus leurs cours à expliquer la matière devant la classe. Ils établissent des plans de travail avec leurs élèves qui apprennent à leur rythme devant leur portable.

Métamorphose

Cette méthode diffère complètement de la façon qu’ils enseignaient à leurs débuts, il y a 15 à 20 ans. Auparavant, Mme Poulin passait un temps fou à écrire ses notes de cours sur le tableau vert, mais finissait par perdre l’attention des jeunes.

« Quand je me trouve plate, je suis assez humble pour me le dire », admet celle qui cherche toujours à s’améliorer.

Cette remise en question coïncidait avec le virage de son collège, il y a huit ans, où le portable a été intégré en classe pour tous les élèves. Ces derniers pouvaient désormais accéder aux plateformes d’apprentissage comme Moodle, Google Classroom, aux services d’Alloprof, etc.

Pas menacé

M. Desfossés ne croit pas que son rôle d’enseignant est menacé par la technologie. Selon lui, le lien que l’éducateur développe avec l’élève reste le plus grand facteur de réussite.

« S’il ne comprend pas, s’il n’est pas capable d’aller chercher l’information, il doit avoir quelqu’un sur qui s’appuyer », dit-il.

Pour lui, la technologie reste un outil qui rend l’enseignement plus dynamique.

« Il faut varier nos stratégies pédagogiques », ajoute Mme Poulin.

Celle qui se dit « pas très techno » consacre plus de temps individuellement aux élèves depuis qu’elle a cessé les cours magistraux. En circulant durant la classe, elle repère plus facilement les besoins de chacun et y répond instantanément.

Aujourd’hui, M. Desfossés a remplacé son sac à dos par son téléphone intelligent et se sentirait démuni s’il était privé de ces ressources illimitées pour enseigner.