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[PHOTOS|VIDÉO] FEQ: des retrouvailles délirantes avec les Foo Fighters

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Les Foo Fighters à Québec sans pluie? Impensable. Malgré une forte averse qui a fait craindre une répétition du scénario de 2015 à quelques minutes des retrouvailles attendues entre la bande de Dave Grohl et les plaines d’Abraham, des dizaines de milliers de festivaliers trempés et en délire ont pu savourer un marathon rock d’une rare intensité, lundi.

Non, cette fois, rien n’allait arrêter les Foo Fighters, qui se produisaient devant une des plus grandes foules de l’édition 2018 du Festival d’été.

Complètement déchaîné, Dave Grohl a déboulé sur scène comme une fusée, un large sourire étampé dans la face, au son de la tonitruante All My Life.

«Personne ne va nous arrêter ce soir, motherfuckers. On va danser toute la soirée», a crié – pardon, hurlé – Grohl avant de se lancer dans Learn to Fly.

Il était en feu. Ses longs cheveux lui balayant le visage, il arpentait la scène d’un bord à l’autre, haranguait les fans, grattait furieusement sa six cordes comme si sa vie en dépendait. Un véritable gardien de la tradition du rock and roll.

Pendant l’impétueuse The Pretender, il a demandé aux festivaliers de prêter allégeance au rock and roll, avant de faire de nouveau allusion à 2015.

«Ça fait trois fucking années. Trois fucking années. Mais vous saviez qu’on allait revenir. Nous revenons toujours, motherfuckers

«Ceci est arrivé»

Tout cela après trois chansons. On en avait pour deux heures trente à ce rythme d’enfer puisque, pour compenser l’annulation après quatre chansons de 2015, Grohl avait exigé que ses Foo Fighters puissent jouer jusqu’à minuit. Faveur obtenue.

Pour lancer My Hero, que les festivaliers ont chantée avec lui sans se faire prier, à sa demande, Dave Grohl a encore fait vibrer les nostalgiques de 2015.

«Vous vous souvenez de ce qui est arrivé? Je ne pouvais marcher. Puis ceci est arrivé», a-t-il dit en pointant les écrans géants en arrière-scène où étaient projetées des images du concert sous l’orage.

L’humour des Foo Fighters

Si Grohl prenait beaucoup de place, il s’est assuré de laisser de la glace à ses équipiers. Le batteur Taylor Hawkins, soulevé grâce à un système hydraulique, a ainsi pu montrer son savoir-faire dans une version étirée de Rope.

Le guitariste Chris Shiflett a eu son moment de gloire quand il a pris le micro pour chanter une reprise d’Alice Cooper, Under My Wheels, tandis que Hawkins a échangé de poste avec Grohl, de retour à la batterie comme à l’époque de Nirvana, pour Under Pressure, de Queen.

On a aussi eu une preuve que les Foo Fighters ne manquent pas d’humour. Après avoir confié que Shawn Mendes, qu’il avait vu la veille, était un «bad motherfucker» parce qu’il touchait les gens, Dave Grohl a émis le souhait de toucher lui aussi les gens pendant que résonnaient les accords d’Imagine. On croyait qu’il allait se lancer dans une reprise du classique de John Lennon, mais il s’est plutôt mis à chanter les paroles de Jump, de Van Halen.

Le pied au plancher

De retour dans leur répertoire, les Foo Fighters n’ont jamais levé le pied: Monkey Wrench, la thrash métal Run, Best of You, impossible de reprendre son souffle. Sauf peut-être pendant Dirty Water, une nouveauté qui a fait baisser un tantinet la fièvre.

Rendu là, on se demandait si on n'allait pas y passer la nuit tellement le groupe s’amusait à allonger ses chansons. Mais le groupe a regagné les loges. Alors qu’on attendait le rappel, Dave Grohl est apparu sur les écrans, indiquant par des gestes qu’il ne restait presque plus de temps.

Les Foo Fighters sont finalement revenus pour deux chansons. «J’avais peur avant le show. J’ai vu la pluie et j’avais peur», a confessé Grohl.

Mais ça s’est terminé au sec, dans l’euphorie d’Everlong, la première de 2015 et la dernière de 2018. La boucle était bouclée. Mais Dave Grohl a promis que Québec reverrait les Foo Fighters.

«On ne vous fera plus attendre aussi longtemps», a-t-il promis.

Et comme il est du genre à tenir ses promesses...

Greta Van Fleet: tout arracher

Greta Van Fleet, ces émules juvéniles de Led Zeppelin devenus la sensation rock du moment, ont débarqué avant les Foo Fighters avec l’ambition de tout arracher, y compris nos tympans.

Costumes flamboyants, chant tonitruant du leader Josh Kiszka (descendant direct de Robert Plant), pièces s’étirant dans de longues improvisations mettant principalement en valeur le jeu physique de son frère Jake à la guitare, Greta Van Fleet semble s’être donné pour mission de faire revivre une époque lointaine.

Si les mélodies sont diablement efficaces, le rendu sur scène pourrait cependant être raffiné. La voix criarde de Josh impressionne, mais sa présence scénique est erratique et il cause très peu. La connexion avec le public, par ailleurs gagné jusqu’aux tripes à la cause du quatuor, s’en trouve déficiente.

Frank le francophile

Le Britannique Frank Turner, débarqué avec ses Sleeping Souls, s’est fait des amis pour la vie en début de soirée. Non seulement son rock endiablé et mélodique a-t-il agi comme un détonateur auprès des festivaliers massés devant la scène, mais le type, sûrement l’artiste le plus exubérant vu à ce FEQ, a montré une étonnante maîtrise de la langue française.

Photo Simon Clark

Il a même traduit sa chanson Eulogy pour l’occasion. «Je vous propose un marché. Si je la chante en français, je parle en anglais le reste du concert.»

La foule, qui n’en demandait pas tant, était dès lors totalement vendue à sa cause. Alors imaginez quand il s’est payé une audacieuse séance de crowd surfing.