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De paradisiaques à plages à scrap

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Pambusuang, Indonésie. La scène est apocalyptique. Pourtant, elle est campée dans un décor paradisiaque de palmiers, d’eau turquoise et de ciel bleu. La plage n’est plus constituée de sable blanc, mais d’un tapis nauséabond de détritus, où se mélangent couches souillées, boîtes de conserve, verre cassé et plastique...

En tournage dans un petit village de pêcheurs sur l’île de Sulawesi, j’arrive au petit matin, alors que le soleil n’est pas encore levé. Je détecte le doux son des vagues sous l’appel à la prière qui invite les résidents à se rendre à la mosquée. Moi, je me dirige vers le bord de mer. Le choc est brutal.

Quand la plage n’est plus un terrain de jeux

Ce n’est plus une plage qui entoure l’océan, mais un dépotoir à ciel ouvert où quelques chèvres se promènent à la recherche de restes de table. L’endroit est tellement répugnant que les bambins n’osent plus y jouer. On a enlevé à ces enfants de pêcheurs le plus beau des terrains de jeux : la plage.

Les marins m’expliquent que le gouvernement n’a pas encore mis sur pied un système de collecte de déchets. Les pères et les mères de famille ne savent pas quoi faire de leurs ordures. Certains les brûlent, d’autres les jettent à la mer, faute de mieux.

L’Indonésie, deuxième pollueur maritime de la planète après la Chine

Les Indonésiens rejetteraient 250 millions de tonnes de déchets par année dans les mers qui bordent leur pays. Une tonne par habitant !

Bali étant désormais submergée sous une énorme vague de débris, le gouvernement a décidé d’agir il y a quelques mois et s’est donné comme mission de réduire de 70 % ses déchets de plastique d’ici 2025.

Pour la première fois de ma vie, j’ai ressenti qu’en matière de protection de l’environnement, il était peut-être déjà trop tard...