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[VIDÉO | PHOTOS] La course folle à l’Atelier pendant la soirée des Foo Fighters

Le restaurant a servi plus de 1550 repas lundi

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Pour les restaurateurs de la Grande Allée, le Festival d’été de Québec représente un véritable marathon pour lequel il faut se préparer plusieurs semaines à l’avance. Pour garder la cadence lors de ces soirées fortes en adrénaline comme celle des Foo Fighters, les cuisiniers et serveurs mettent les bouchées doubles jusqu’au petit matin.

À l’Atelier, où Le Journal a eu un accès exclusif aux coulisses du restaurant durant la soirée la plus attendue du festival, lundi, on a servi plus de 1550 repas. C’est près du double que lors d’une soirée habituelle.

«On donne tous un coup de main supplémentaire, que ce soit à la plonge ou pour le reste», indique Jonathan Ollat, copropriétaire de l’établissement.

Jonathan Ollat (à gauche), copropriétaire du restaurant L'Atelier.
Photo Pascal Huot
Jonathan Ollat (à gauche), copropriétaire du restaurant L'Atelier.

Le festival sans spectacle

Pendant le Festival d’été, les employés de l’Atelier sont en poste presque tous les jours, sans jamais voir un seul spectacle sur les Plaines. «C’est un sacrifice à faire», affirme le passeur Pierre-Antoine Pelchat, qui vit son deuxième festival à l’Atelier.

«On fait tellement de grosses journées, on voit tellement de monde que lorsque je suis en congé, je dors toute la journée», affirme pour sa part Julien Bernier, un habitué qui vit, quant à lui, son 8e Festival d’été en tant que serveur.

Photo Pascal Huot

«Il faut être réveillé, le repos est de mise!» lance à son tour la serveuse Jessie Dupont, entre deux prises de commandes.

Durant les 10 jours de l’évènement, la plupart n’ont qu’une seule journée de congé. Les plus chanceux en ont deux. Les gérants et propriétaires, eux, sont présents tous les jours. C’est le cas du directeur Alexandre Grenier, qui commence ses journées vers 9 h et termine vers 2 h du matin. «Les spectacles? Dans mes rêves!» lance-t-il.

Alexandre Grenier, directeur du restaurant L'Atelier.
Photo Pascal Huot
Alexandre Grenier, directeur du restaurant L'Atelier.

Des soirées qui commencent tôt

Lors du festival, les soirées commencent tôt. En effet, dès 15 h lundi, la terrasse était déjà bondée. «Au dîner, il y avait beaucoup de touristes; et à partir de 14 h, on passait en mode festivaliers; ils venaient manger pour accéder aux Plaines ensuite», précise M. Ollat.

Puis, de 16 h à 23 h, c’est la cohue. Les passeurs sont au pas de course, les cuisiniers se démènent. «Oui chef!», clament-ils en répondant aux commandes de François Privé, qui dirige sa brigade avec assurance. Aucune pause n’est permise.

Le chef François Privé, du restaurant L'Atelier.
Photo Pascal Huot
Le chef François Privé, du restaurant L'Atelier.

Une fois le spectacle commencé, on reprend son souffle. Les employés se tournent vers le café et les boissons énergisantes pour se remettre d’aplomb, puisque dès la fin du spectacle, la machine repart à plein régime.

«Nous avons des gens sur les Plaines qui nous textent pour nous dire quand le show se termine. Ensuite, on les voit arriver [les festivaliers], c’est une marée humaine. Ça fait presque peur parfois!», affirme M. Grenier, précisant que le recours aux policiers est quelques fois nécessaire pour gérer les festivaliers qui sont pressés de poursuivre la fête.

LA SOIRÉE DE LUNDI EN CHIFFRES

  • 806 cocktails
  • 882 bières
  • 205 verres de vin
  • 456 tartares
  • 217 burger
  • 370 shooters

Pour les tartares, il a fallu commander :

  • 30 kg de saumon
  • 25 kg de boeuf
  • 10kg de thon

Déroulement de la soirée

16h : La terrasse de près de 160 places est pleine à craquer et une file d’attente s’est formée sur le trottoir. On se prépare à installer des tables supplémentaires pour répondre à la forte demande. Déjà, les employés se préparent à une «très grosse soirée».

Photo Pascal Huot

17h : Gin, vodka, téquila, les bouteilles virevoltent dans les mains des barmans et barmaids pour étancher la soif des amateurs des Foo Fighters. Au bar, on se prépare à faire des centaines de cocktails sans interruption. Pour sa part, Simon Caron vit son deuxième Festival d’été à L’Atelier. Il est prêt à affronter son «rush», quine se terminera pas avant 22 h 30.


17h30 : C’est la folie en cuisine, où l’on ajoute facilement 5 degrés à la chaleur extérieure. Le chef François Privé est concentré et donne ses indications à ses 10 cuisiniers, qui s’exécutent à une vitesse étourdissante.

Photo Pascal Huot

17h50 : Le passe est rempli d’assiettes, pendant que les coupons de commande continuent de sortir. Le copropriétaire Jonathan Ollat est aux commandes. «430, chef parti! Poulet, pulled pork, demi-betterave, parti ! Où est le nacho de la 720?» demande-t-il d’un ton expéditif. Et que ça saute!


18h30 : La soirée bat son plein. Le restaurant est plein à craquer, les passeurs sont débordés, les cuisiniers lavent eux-mêmes leur vaisselle. Il faut que ça roule. «Tout est une question de rythme en cuisine. La comparaison que je donne toujours à l’équipe, c’est que nous sommes dans un train. Une fois que c’est lancé, ce n’est pas arrêtable. Si un wagon est mal accroché, tu vas le sentir tout de suite et ça va déséquilibrer l’ensemble de la machine», explique Jonathan Ollat.


19h : Les clients ont peine à y croire. La pluie est de retour. Le directeur Alexandre Grenier se met rapidement en mode solutions. Il tente de protéger des tables en installant des parasols à l’aide de tie wraps. «C’est une malédiction!» lance Christopher Leclerc, qui n’est pas importuné par les premières gouttes de pluie.


19h15 : La plonge déborde. Le commis Zachary Tremblay met la main à la pâte. Un quatrième plongeur qui n’était pas à l’horaire arrive en renfort. «Très content de te voir!» lance le chef. «Avant le FEQ, on en avait un de plus, mais il a décidé de ne plus venir», explique le chef François Privé.


00h15 : Le spectacle des Foo Fighters est terminé depuis quelques minutes. Les festivaliers arrivent en masse sur la Grande Allée. Tout le monde reprend sa place. La machine se prépare à repartir jusqu’à 3 h du matin. «La première demi-heure quand ça repart, souvent ça va mal. Tout le monde est un peu fatigué et a un peu perdu le rythme, mais ensuite, ça revient», affirme le directeur Alexandre Grenier.

Photo Pascal Huot