Des proches de Claudio Castagnetta et des organismes spécialisés demandent aux candidats aux élections de se mouiller sur la question des personnes souffrant de problèmes de santé mentale tout en soumettant une série de recommandations qui vont plus loin que celles émises par le coroner qui a enquêté sur la mort du ressortissant italien.
«On aurait souhaité qu'on tire des leçons de cet événement», dit Charles Rice, de l'organisme AGIR en santé mentale.
Visiblement, les neuf recommandations du coroner Jean Brochu - qui a conclu à un décès évitable - ont laissé les proches de Claudio Castagnetta sur leur appétit. Déplorant le silence des politiciens, ils demandent aux 36 candidats des quatre principaux partis politiques de dire ce qu'ils comptent faire pour venir en aide aux personnes en détresse psychologique.
«Il n'y a pas eu un traître mot sur la santé mentale lors du débat des chefs», se désole le directeur général de l'Association des personnes utilisatrices des services de santé mentale de la région de Québec, Luc Vigneault.
Éviter la prison
Outre l'application des recommandations du coroner, les organismes et amis du défunt demandent que «les prévenus passent leur examen d'aptitude à comparaître à l'hôpital plutôt qu'en prison».
«Il faut éviter à tout prix que les gens en détresse se retrouvent en milieu carcéral», lance Jesse Zimmer, un ami et ex-collègue de travail de Claudio Castagnetta.
Ils militent aussi en faveur d'une révision de la formation donnée aux futurs policiers à l'Institut de Nicolet «pour y inclure de solides connaissances en intervention avec des personnes désorganisées, en état de crise ou présentant des signes de maladie physique ou mentale».
«Les policiers sont déjà formés, mais ça ne semble pas suffire. On pense que c'est un problème de culture policière et qu'il faut le changer à la base», dit Charlotte Mendzel, une autre amie de M. Castagnetta.
Manque de ressources
Mais la question demeure entière. Que doivent faire les policiers avec une personne en crise, dans un contexte où les hôpitaux débordent et les ressources communautaires sont nettement insuffisantes?
«Il faut développer des ressources d'hébergement pour les personnes en crise», lance Luc Vigneault.
«Dans un cas comme Castagnetta, il faut aller à l'hôpital ou faire appel à l'organisme PECH, qui a un protocole d'intervention avec les policiers», ajoute Charles Rice.
Mais, conclut Jesse Zimmer, «le manque de ressources ne constitue pas un prétexte pour ne pas aider les gens».