10 km/h
Des limites de vitesse pour les fauteuils roulants!
© Donald Courchesne
Même si son fauteuil actuel est vieux de sept ans, Chris Kenedy retarde l'achat d'un appareil neuf pour que sa vitesse de déplacement ne soit pas limitée.
« C'est infantilisant et ça leur enlève la liberté de pouvoir se déplacer comme ils veulent », rage la coordonnatrice du Regroupement des usagers du transport adapté du Sherbrooke métropolitain, France Croteau.
« Pour les personnes handicapées, le fauteuil sert de jambes. Elles peuvent avoir à se déplacer très vite en cas d'urgence », ajoute-t-elle.
Dangereux
En collaboration avec d'autres groupes, dont l'Association des paraplégiques du Québec (APQ), elle tente de convaincre la RAMQ d'abandonner cette règle, jugée dangereuse par plusieurs.
« Disons qu'au moment où l'on traverse la rue, une voiture vient pour nous frapper. Normalement, une personne se met à courir. Mais nous, on ne peut pas accélérer », déplore le président de l'APQ, Walter Zelaya.
Pourtant, c'est justement pour des raisons de sécurité que la RAMQ a adopté la limite de vitesse en juillet dernier.
« Les fauteuils roulants allaient de plus en plus vite, et nos experts ont jugé que 10 km/h, c'était adéquat, dit le porte-parole Marc Lortie. Ça permet de réduire la force des impacts s'il y a collision. »
« Il existe des véhicules qui vont jusqu'à 20 km/h et, à cette vitesse-là, c'est dangereux », ajoute Mario William, président d'Adaptel, une entreprise qui vend des fauteuils.
De glace
Cependant, ces arguments laissent de glace les associations.
« Connaissez-vous beaucoup de gens qui sont devenus paraplégiques parce qu'ils se sont fait frapper par une personne handicapée? » demande M. Zelaya.
« Il est interdit de dépasser les limites de vitesse en auto, mais les voitures peuvent quand même rouler à 150 km/h, ajoute France Croteau. Il faut aussi laisser les personnes handicapées utiliser leur jugement. »
Si une limite doit être imposée, elle propose 15 km/h, qui s'apparente à la vitesse de course d'une personne adulte.
En France, les fauteuils roulants motorisés sont limités à une vitesse de 6 km/h, et leurs utilisateurs doivent obtenir un permis de conduire.
Pour se faire entendre, les associations ont envoyé une lettre et une pétition à la RAMQ. Elles ne ferment toutefois pas la porte à un recours devant la Commission des droits de la personne si elles ne sont pas écoutées.