Devant les innombrables changements de garde qui bouleversent l'industrie médiatique, les médias traditionnels devront s'adapter pour survivre, ont soulevé des experts lors d'une conférence tenue hier matin.
Le plus éloquent communicateur à ce sujet a été Philippe Le Roux, de VDL2 Communications.
«On constate le vieillissement des trois modèles de revenus des médias traditionnels, soit l'abonnement, les petites annonces et la publicité, a-t-il expliqué. Ils sont remis en question par Internet.»
«Les abonnements sont en chutes libres parce que les gens ne veulent plus payer pour de la nouvelle, a-t-il développé, parce qu'il la considère dorénavant comme une commodité.»
«Les petites annonces se font quant à elles damer le pion par Internet», a ensuite fait savoir M. Le Roux, selon qui le web accapare désormais 90% de ce lucratif marché.
Le marché publicitaire a historiquement été partagé par les médias traditionnels. Or ce n'est plus le cas, a certifié l'expert. «Dans le contexte de crise économique, les spécialistes veulent mesurer leurs investissements, ce qui est uniquement possible avec le net...»
S'adapter
«C'est pourquoi, il importe pour les médias de s'adapter. Les médias devront trouver le moyen de faire plus avec moins. Mais pas à n'importe quel prix, a insisté Philippe Le Roux. La valeur ajoutée des médias est le contenu. Il ne faut pas sabrer dans le contenu.»
Entreprises d'information
«Il faut trouver le moyen d'exploiter l'information au lieu de la répéter, a avancé M Le Roux comme piste de solution. Citant en exemple Google, il croit que les médias doivent se réinventer en entreprises d'information, pour exploiter à fond l'aspect économique de l'information.»
Deux autres perspectives d'avenir ont été abordées. Le fondateur de l'observatoire des nouvelles technologies Tebaldo Bruno Rives a parlé des possibilités du e-paper, une alternative informatisée au papier traditionnel, qui ne devrait toutefois pas voir le jour chez nous à court terme.
Hubert Lalande, un expert en médias des universités d'Ottawa et du Québec en Outaouais, a pour sa part parlé des blogs.
«La métamorphose des médias passe par la collaboration entre les lecteurs et les journalistes, a dit M. Lalande. Le lecteur passif n'existe plus, il veut discuter la nouvelle. L'avenir des médias se trouve peut-être dans cet échange avec les citoyens...»