Les banques alimentaires crient famine

«Notre situation est très fragile»

Stéphane Dion

Publié le:

Le nombre de bénéficiaires qui ont recours aux services du Relais d'espérance sont de plus en plus nombreux même si les ressources sont de plus en plus limitées.

©Karl Tremblay

Le nombre de bénéficiaires qui ont recours aux services du Relais d'espérance sont de plus en plus nombreux même si les ressources sont de plus en plus limitées.

En plus de se battre pour assurer la survie de leurs bénéficiaires, les banques alimentaires doivent désormais elle-même lutter à chaque jour pour demeurer en vie.

«Notre situation est très fragile, déplore le directeur général de l'organisme communautaire le Relais d'espérance, Louis Blaquière. Je n'étais pas capable de me rendre jusqu'en avril. J'ai demandé une avance sur la subvention, le mois dernier, parce que je n'aurais pas été capable de payer les employés.»

L'avenir de cet organisme communautaire de Limoilou, qui vient en aide aux démunis et aux personnes en détresse, est loin d'être assuré. Pour la première fois en près de 30 ans d'existence, le Relais doit organiser une campagne de financement privé. L'objectif est de devenir plus autonome afin d'assurer la survie du groupe d'aide, car les subventions gouvernementales n'augmentent pas malgré une hausse de la clientèle.

«On aurait besoin du double de ce qu'on reçoit, affirme Louis Blaquière. Les besoins doublent à chaque année. Il y a tellement de pauvreté mais on fonctionne toujours avec le même nombre d'employés et ils sont fatigués. J'ai juste deux professionnels. Ce n'est pas assez.»

Perte des bingos

Le Relais s'autofinançait dans une proportion de 70% par les jeux de bingo. Mais depuis l'interdiction de fumer dans les salles, les revenus de cette activité ont chuté énormément. Des pertes qui sont évaluées à plusieurs dizaines de milliers de dollars par année, qui expliquent en grande partie cette crise de financement.

«Il y a deux ans, ça nous rapportait 130 000$ par année et je prévois pour l'an prochain seulement 70 000$, estime M. Blaquière. Ça a un impact majeur et ça nous a bouleversé.»

Pour remplir son mandat adéquatement, la direction aurait besoin d'un budget annuel de 250 000$, mais on est bien loin du compte. «On réussi à peine à faire 180 000$ depuis 2007», souligne-t-il.

Demande croissante

Le contexte économique n'augure rien de bon pour le centre d'aide de première ligne. Les intervenants ont remarqué depuis le début de l'hiver une augmentation d'une vingtaine de personnes par semaine. Jeudi dernier seulement, 95 individus dans le besoin se sont présentés pour recevoir l'aide de la banque alimentaire.

L'organisme est inquiet de ne pas être capable de répondre à la demande croissante s'il survient des pertes d'emplois massives au cours des prochains mois.

Liens commandités