Il menaçait de se suicider

Dave Lamothe n'a pas été pris au sérieux

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Taïeb Moalla @

Journal de Québec, Publié le: | Mise à jour:

La sortie publique des parents de Dave Lamothe a contribué à localiser le jeune homme suicidaire.

© Courtoisie

La sortie publique des parents de Dave Lamothe a contribué à localiser le jeune homme suicidaire.

Même s'il a récemment prévenu ses collègues de travail de son intention de se suicider, Dave Lamothe, 19 ans, n'a jamais été pris au sérieux.

« Il y a deux semaines, il leur a dit qu'il allait se tuer, mais ils ont ri de lui. Ce n'est pas apprécié de leur part », a déploré son frère Pascal, joint par téléphone, jeudi matin, au domicile familial de Thetford Mines.

Selon lui, « il faut toujours prendre ce genre de messages au sérieux. N'importe quel détail peut aider à épargner une vie. Heureusement qu'il n'est finalement pas passé à l'acte ».

Lundi, Dave Lamothe a laissé une lettre d'adieu à ses parents en faisant état de son intention de « rejoindre grand-papa » et d'être « une étoile dans le ciel pour vous protéger ». Mercredi soir, après que la disparition eut été révélée dans les médias, un couple de Saint-Pierre-de-Broughton a croisé le chemin du jeune homme. Dave Lamothe a ensuite été conduit à l'hôpital de Thetford Mines.

« Pendant 48 heures, Dave était dans une petite cabane en bois abandonnée, à Saint-Pierre, décrit son frère. Il a essayé de se suicider le mardi soir, mais il a eu une lueur d'espoir et a abandonné son projet. »

Un immense soulagement

Les retrouvailles avec la famille, mercredi soir, ont été fort émouvantes. « C'était un immense soulagement pour nous tous, admet Pascal Lamothe. Il semblait bien aller et il était content de nous voir. » D'après son frère, le suicidaire a expliqué son geste par une multitude de facteurs. « Ce qui ressortait surtout, c'est le fait qu'il ne sentait pas aimé et qu'il manquait d'affection », précise-t-il.

Même s'il n'est pas homosexuel, selon les dires de sa famille, Dave a dû composer avec de multiples agressions verbales à caractère homophobe. Les « fif » et les « tapette », lancés par des camardes de classe, ont longtemps ponctué son quotidien.

« Ceci prouve que l'homophobie touche tout le monde, y compris les gens qui ne sont pas homosexuels », fait remarquer Florent Tanlet, de Gris-Québec, organisme qui vise à promouvoir une vision positive de l'homosexualité et de la bisexualité.

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