coupable d'agression sexuelle armée sur sa conjointe

«Pas de cadeau» pour un «batteur de femmes»

ERIC THIBAULT

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Mohammed Sall, 27 ans, de Québec, connaîtra sa sentence le 16 juillet.

© Illustration Yannick LEMAY

Mohammed Sall, 27 ans, de Québec, connaîtra sa sentence le 16 juillet.

La poursuite a réclamé une peine exemplaire de cinq ans et demi de pénitencier pour un Québécois d'origine mauritanienne trouvé coupable d'agression sexuelle armée sur sa conjointe, jeudi, au palais de justice de Québec.

Fait rare, Me Sarah-Julie Chicoine a demandé au juge Michel Babin de ne pas faire le «cadeau» à Mohammed Sall de lui créditer sa période de détention provisoire en double, comme le font généralement les tribunaux au Canada. Une règle à laquelle le gouvernement Harper entend d'ailleurs mettre fin avec l'annonce récente d'un projet de loi.

Ainsi, l'homme de 27 ans, incarcéré de façon préventive depuis juillet 2007, aurait déjà écoulé l'équivalent de quatre ans de détention si le tribunal appliquait cette règle du «deux pour un». Toutefois, Me Chicoine a fait valoir que Sall était le seul responsable de sa détention provisoire, puisqu'il avait préalablement été remis en liberté sous conditions après avoir été accusé de violence conjugale une première fois et qu'il en a profité pour récidiver «en commettant des crimes encore plus graves».

Le juge Babin s'est donné jusqu'au 16 juillet pour trancher.

«Fier» de lui

Au terme d'un long procès (durant lequel l'accusé a congédié son avocat pour «assurer» sa défense lui-même), Mohamed Sall a récemment été trouvé coupable de 13 chefs d'accusation, principalement pour des délits commis à l'endroit de son ex-conjointe qui l'avait rejoint au Canada à la suite d'un «mariage obligé».

L'étudiant a notamment violé la jeune femme sous la menace d'un couteau, en plus de lui mordre le nez et de la frapper au visage, dans leur logement du quartier Saint-Roch, en 2007. Il l'a aussi menacé, en plus de lui faire perdre conscience en lui lançant une boîte de DVD à la tête. Quand les policiers ont finalement été appelés à intervenir, ils ont trouvé Sall caché... dans une garde-robe.

Me Chicoine a mentionné que la victime est toujours hantée par des cauchemars et par la crainte que son agresseur ne s'en reprenne à elle à sa sortie de prison.

Le musulman a aussi tenté d'éloigner un couple d'amis qui exerçait «une mauvaise influence» sur sa femme en les menaçant d'utiliser des «gris-gris (des êtres surnaturels avec des pouvoirs spéciaux, selon ses croyances)» pour les «tuer».

Comme au jour du verdict, Mohammed Sall s'est encore emporté dans le box des accusés, en accusant sa victime d'avoir tout inventé «pour ne pas être déportée en Mauritanie. Il a prévenu le juge à plusieurs reprises, sur un ton plutôt belliqueux, d'être «très prudent», avant d'ajouter qu'il irait en appel et qu'«il y aura une justice un jour».

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