Oiseaux morts dans Limoilou

Comme dans un film d'Alfred Hitchcock

JEAN-LUC LAVALLÉE

Publié le:

Un employé de Maheu Extermination, Marc Devost, est venu récupérer la mangeoire qui est à l'origine du repas funeste et les dizaines d'oiseaux morts dans le secteur de la 2e Avenue et de la 10e Rue.

© Photo Benoît Gariépy

Un employé de Maheu Extermination, Marc Devost, est venu récupérer la mangeoire qui est à l'origine du repas funeste et les dizaines d'oiseaux morts dans le secteur de la 2e Avenue et de la 10e Rue.

Plus d'une quarantaine d'oiseaux en proie à de violents spasmes ont soudainement cessé de voler, hier matin, dans le quartier Limoilou, succombant massivement à un empoisonnement dû à une substance chimique qui ne leur était pas destinée.

La 2e Avenue, au coin de la 10e Rue, avait les airs sombres d'un film d'Alfred Hitchcock en plein dimanche matin pluvieux. Des citoyens ont appelé le 911, après avoir été témoins d'un triste spectacle. Les oiseaux tombaient littéralement du ciel les uns après les autres et rendaient l'âme dans la rue ainsi que sur les terrains gazonnés après d'interminables et violentes convulsions sur le sol.

« C'était épeurant, on se demandait ce qui se passait. Ils étaient complètement désorientés et rentraient dans le hangar, dans la clôture et pouf, ça tombait à terre. C'était comme une crise d'épilepsie », a raconté un résident de la 2e Avenue qui a assisté, impuissant, à cette scène surréaliste. De nombreux véhicules d'urgence ont été déployés sur les lieux devant l'incompréhension généralisée.

Craignant une fuite toxique, les autorités n'ont pris aucune chance et ont érigé un périmètre de sécurité dans le quartier avant de mettre le doigt sur le bobo. Selon toute vraisemblance, la colonie de quiscales (des passereaux noirs communs au plumage violacé ou bronzé) a été décimée après avoir consommé du maïs empoisonné à l'Avitrol, un « avicide » utilisé pour éloigner les oiseaux nuisibles nichant dans des lieux qui dérangent l'humain, sauf qu'il y a eu « erreur sur la personne », les quiscales n'étant pas du tout visés.

Pigeons ciblés

Dans ce cas précis, le propriétaire d'un immeuble à logements avait contacté un exterminateur pour faire fuir des pigeons qui avaient élu domicile sur son toit. « Ça fait cinq ans que j'utilise l'Avitrol et, en cinq ans, ça ne m'est jamais arrivé. Je n'ai jamais vu ça. C'est un accident et on va faire des études pour savoir ce qui s'est passé réellement », s'est défendu Marc Devost, de la compagnie Maheu Extermination.

Celui-ci a récupéré une quarantaine d'oiseaux morts dans un périmètre restreint et a retiré la mangeoire installée sur le toit, visiblement à l'origine de ce carnage pour des raisons encore inconnues.

« L'Avitrol, c'est un avicide qui est vraiment ciblé pour les oiseaux, mais le but n'est pas de les tuer. C'est plutôt pour les étourdir et pour qu'ils ne reviennent pas à leur lieu d'attachement. Pourquoi c'est arrivé? Là, c'est à déterminer », s'est-il demandé, évoquant plusieurs hypothèses concernant la concentration de la dose dans le mélange de maïs.

Une autre citoyenne du quartier était scandalisée par la mort des quiscales. « Il y a d'autres moyens beaucoup plus humains pour se débarrasser des oiseaux. Je trouve que c'est inhumain et que ça devrait être traité au criminel », a déclaré Hélène Genest.

Heureusement, il semble qu'il n'y a pas de danger pour les chats ou les chiens qui auraient envie de croquer un des oiseaux contaminés, puisque la dose ingérée n'est pas suffisante, selon Maheu Extermination, pour affecter les animaux de plus grande taille.

Liens commandités