Un lourd secret pendant 14 ans

Son fils brise le silence

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Jean-Luc Lavallée @

Journal de Québec, Publié le:

Christian Houle s'est vidé le coeur, hier, au palais de justice de Québec en s'adressant aux médias après avoir demandé et obtenu la levée de l'interdiction de non-publication relative à son identité.

© Didier Debusschère

Christian Houle s'est vidé le coeur, hier, au palais de justice de Québec en s'adressant aux médias après avoir demandé et obtenu la levée de l'interdiction de non-publication relative à son identité.

Christian Houle a choisi de briser le silence en demandant au tribunal de lever l'ordonnance de non-publication, une requête relativement rare de la part d'une victime d'agression, voire exceptionnelle pour un homme.

«Moi, j'ai vécu 14 ans de temps avec ce secret là et aujourd'hui, je suis tanné de vivre avec ça. Aujourd'hui, le monde vont tous savoir que c'est elle et que c'est arrivé sur moi. Ce qui me motive surtout, c'est que c'est assez rare qu'on voit une mère avec son fils mais je ne suis pas le seul et unique là-dedans. Il y en a sûrement plein d'autres à qui c'est arrivé (...) moi je veux faire avancer ça», a-t-il lancé avec aplomb aux journalistes.

«Des pédophiles, il va toujours y en avoir mais si la société peut assez se révolter contre ça, bien peut-être que ça va protéger les jeunes dans le futur. J'espère qu'il va y en avoir plein d'autres qui vont dénoncer... En 2009, il y a encore du monde qui nous sortent des répliques du genre : Ça brise des familles... ou voyons donc, dans ce cas-ci, ça ne se peut pas que Sainte Marie-Jeanne ait fait ça. Mais c'est pas vrai, il faut que ça cesse!»

Aucun pardon pour sa mère

«Tu ne peux pas pardonner à quelqu'un qui n'avoue pas. Faudrait peut-être qu'elle commence par s'avouer à elle-même ce qu'elle a fait et ensuite le pardon est possible... Pardonner l'impardonnable, c'est assez difficile», a laissé tomber celui qui est visiblement extrêmement soulagé d'avoir été cru par le tribunal. «J'ai gagné mon procès. Moi, j'ai retrouvé mon honneur, ma crédibilité.»

L'origine de la plainte

L'homme de 29 ans a tenu à rappeler aux médias qu'il n'était pas à l'origine du processus judiciaire. Il avait d'abord approché sa mère en 2007 pour qu'elle lui donne 3 000$ pour rembourser ses frais thérapeutiques. Se sentant probablement menacée, celle-ci avait alors contacté les policiers. «Je ne veux pas que le monde oublie ça...C'est elle qui est allé à la police en décembre 2007 et ça n'a pas viré en sa faveur. Quand elle a décidé d'ouvrir la porte, moi j'ai décidé de rentrer dedans!», a conclu M. Houle, fier d'être allé jusqu'au bout.

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