Meurtre de Lyne Massicotte

Alain Perreault avoue, six ans plus tard

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Éric Thibault

Journal de Montréal, Publié le: | Mise à jour:

Alain Perreault est resté de marbre, dans le box des accusés, pendant sa comparution au palais de justice de Québec, jeudi.

© YGRECK

Alain Perreault est resté de marbre, dans le box des accusés, pendant sa comparution au palais de justice de Québec, jeudi.

Piégé par les policiers qui le traquaient depuis six ans et demi, Alain Perreault a finalement avoué le meurtre de Lyne Massicotte, disparue à l'été 2003 et dont le corps n'a jamais été retrouvé.

Le technicien en informatique de 47 ans a comparu hier après-midi pour répondre du meurtre prémédité de la mère de famille de Chambly. Fixant le sol, il n'a pas croisé le regard des membres de la famille de Lyne Massicotte présents au palais de justice de Québec.

Après avoir fait connaissance avec lui en clavardant sur Internet, Lyne Massicotte était venue rencontrer l'accusé chez lui, dans le quartier Limoilou, le 17 juillet 2003. Elle n'a jamais été revue à la suite de ce funeste rendez-vous. Seule sa voiture a été retrouvée trois jours plus tard, abandonnée dans une rue du Vieux-Québec.

Il s'est délié la langue

Perreault a été appréhendé mercredi en fin de journée par la police de Québec dans le secteur de Sainte-Foy. Du déjà-vu pour le résidant de Québec, qui avait été arrêté et cuisiné pendant 14 heures par les enquêteurs, quelques semaines après la disparition de la femme de 43 ans. À l'époque, les policiers s'étaient résignés à libérer le suspect sans qu'on puisse l'accuser, faute de preuves suffisantes.

Selon ce que Le Journal de Québec a pu apprendre, la police municipale a toutefois relancé son enquête dans le plus grand secret, avec l'aide de la Sûreté du Québec, au cours des derniers mois. Alain Perreault a fini par se délier la langue et s'est fait piéger en avouant son crime à des agents doubles qui le côtoyaient, sans savoir qu'il s'agissait de policiers.

Un dénouement plutôt ironique pour celui qui, tout en clamant son innocence à la suite de sa première arrestation, accusait publiquement les policiers de lui avoir menti dans l'espoir de lui soutirer des aveux. Il blâmait aussi la police et les médias pour les menaces et le harcèlement dont il se disait victime dans son quartier.

Seule ombre au tableau, le présumé meurtrier s'est toutefois refusé à préciser aux enquêteurs l'endroit où il aurait caché le cadavre de la victime. Mais la famille Massicotte, qui a désespérément organisé plusieurs battues dans la région de la capitale à l'époque, continue à espérer.

« On va la retrouver. J'y crois. J'y ai toujours cru », a réagi Francine Massicotte, sœur aînée de la victime.

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