Opération Marteau
«Ça ne doit pas servir de paravent»
© Les ARCHIVES
Jean-Guy Dagenais, président de l'Association des policiers provinciaux du Québec, a taxé le gouvernement Charest d'avoir placé «d'excellents policiers sous le feu des projecteurs en lançant le message que la police allait tout régler».
Jean-Guy Dagenais, président de l'Association des policiers provinciaux du Québec, a taxé le gouvernement Charest d'avoir placé «d'excellents policiers sous le feu des projecteurs en lançant le message que la police allait tout régler».
«Lorsqu'on parle de résoudre des crimes économiques, force est de constater que ce sont des enquêtes de longue haleine qui peuvent prendre des années. Les enquêtes menées à Outremont (où l'ex-maire Stéphane Harbour a été arrêté le mois dernier, en même temps que deux anciens hauts fonctionnaires, pour abus de confiance et fraude) et à Boisbriand (sur la nouvelle usine de traitement des eaux de plus de 30 M$, qui a coûté deux fois plus cher que prévu) avaient été entreprises bien avant la création de Marteau. C'est dommage que ces policiers se retrouvent sous la loupe, alors que ce n'est pas vrai que la police va régler tous les problèmes d'attribution de contrats publics, de collusion et de malversation. Marteau ne doit pas servir de paravent», a-t-il fait valoir en entrevue au Journal mercredi.
L'opération Marteau a effectué une dizaine d'arrestations en sept mois de travail. Du lot, bien peu de «grosses prises», a convenu M. Dagenais.
Il a maintenu que la mise sur pied de cette escouade anti-corruption par le gouvernement, en octobre dernier, était «une bonne idée». «Mais il y a loin de la coupe aux lèvres. C'est pas demain matin qu'on aura des résultats spectaculaires.»
Les procureurs aussi
Par ailleurs, l'Association des procureurs aux poursuites criminelles et pénales, qui s'était prononcée en faveur d'une enquête publique élargie en même temps que l'APPQ, en novembre dernier, n'a pas changé d'idée. Au contraire.
«On maintient notre position, d'autant plus que des allégations de toutes sortes se sont multipliées depuis six mois. On soutient que c'est la seule façon de rétablir la confiance du public dans nos institutions. Une confiance qui s'est effritée de façon importante. Le cynisme s'est installé au sein de la population», a plaidé son président, Me Christian Leblanc.