Un coroner recommande d'importantes modifications au Code du bâtiment afin d'éviter de nouvelles tragédies dans les résidences pour personnes âgées.
Après avoir investigué les circonstances des quatre décès survenus à la résidence Belle génération, à Saguenay, le 15 janvier 2009, le coroner Clément Paradis conclut que le niveau de sécurité offert par le bâtiment était insuffisant compte tenu de l'état de santé des résidents.
Deux des victimes, Lucienne Morin, 82 ans, et Rosaire Vachon, 81 ans, avaient déjà connu un épisode de démence légère, alors que Denise Perron, 71 ans, avait eu besoin d'une marchette pour se déplacer et que Madeleine Harvey, 83 ans, souffrait de surdité.
Dans son rapport spécial, l'inspecteur de la Régie du bâtiment signalait que « le nombre de préposés à l'évacuation et la réduction de l'autonomie de certains résidents peuvent avoir contribué à la difficulté d'évacuer le bâtiment et au décès de quatre personnes ».
Au moment de sa construction, en 1991, la résidence était conçue pour des personnes autonomes, mais, au fil du temps, elle s'est retrouvée avec 70 occupants dont 60 nécessitaient des soins à domicile.
Ainsi, elle était munie d'un système d'alarme et de détection d'incendie, mais pas d'extincteurs automatiques à eau.
Situation fréquente
Le coroner Paradis soutient que cette situation est fréquente au Québec parce que les personnes âgées qui perdent leur autonomie sont réticentes à déménager même si leurs besoins l'exigent.
« La vie d'une personne qui a besoin d'aide pour se déplacer peut être sauvée par un bâtiment conçu pour brûler moins vite », écrit le coroner.
Il croit donc que le Code de construction de la régie doit faire en sorte que les maisons de chambres offrant des services communs de repas soient construites de manière à répondre aux mêmes exigences que les résidences supervisées.
Le coroner recommande aussi que les systèmes d'alarme de ces bâtiments soient liés au service d'incendie afin qu'il puisse intervenir plus rapidement.
Clément Paradis estime par ailleurs que la régie devrait exiger qu'il y ait au moins un membre de personnel par groupe de 30 bénéficiaires pour assurer une meilleure évacuation des lieux.