États-Unis

En attendant de l'ouvrage

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Richard Latendresse

Journal de Montréal, Publié le:

C'est embarrassant de célébrer la fête du Travail aux États-Unis ces temps-ci. En tout cas, embarrassant pour ceux qui avaient promis au cours de la dernière campagne à la présidence, Barack Obama en tête, qu'ils allaient arracher le pays à la torpeur dans laquelle George W. Bush l'avait plongé. Naturellement -c'est ce qu'on nous répète depuis 20 mois -, la situation s'est révélée bien pire que ce à quoi les démocrates s'étaient préparés.

Du travail, il y a officiellement 15 millions d'Américains -deux fois la population de tout le Québec -qui en cherchent : 9,6 % de la population active. Mais, il y a travail... et travail. Il y a en fait tout près de 20 % des gens disposés à occuper un emploi qui se tournent les pouces ou qui font un boulot bien en deçà de ce dont ils sont capables.

Le secrétaire de presse du président a bien cherché à nous convaincre que les derniers chiffres de l'emploi n'étaient pas si mauvais. Il a même lancé sur Twitter : "Ne vous faites pas avoir ! Le secteur privé a créé 67 000 jobs le mois dernier." La réalité, c'est que ce n'est effectivement pas mal du tout. Ce n'est pas l'abondance, mais ce n'est plus la récession.

PROMETTRE LA LUNE

Pourtant, les démocrates ne s'attirent aucune sympathie chez les électeurs. Des élections législatives de mi-mandat auront lieu au mois de novembre et les sondages, les uns après les autres, indiquent que l'équipe du

président va en manger une méchante ! Pire encore, ces électeurs -les indépendants, en particulier, qui se sont laissé porter par le rêve démocrate sous un jeune président noir -sont prêts à remettre le Congrès entre les mains de ceux-là mêmes, les républicains, qui ont laissé le pays s'enliser, pendant les années 2000, dans un tel marasme.

Un de principaux partisans du président Obama dans la presse washingtonienne -Eugene Robinson, du Washington Post -lui reprochait récemment d'avoir été aussi irresponsable que les autres dans sa bataille pour la Maison Blanche. Il a perpétué, chez ses compatriotes, cette attitude d'enfants gâtés qui les empêchent aujourd'hui d'accepter de faire les sacrifices nécessaires pour remettre le pays sur la voie de la prospérité.

Obama, rappelle-t-il, a enflammé ses électeurs, pendant la campagne présidentielle, en les appelant à "venir changer le monde avec lui" et non pas à "lentement transformer notre façon de vivre afin que nous puissions un jour, tous ensemble, bénéficier des fruits de nos efforts". Pas très punché, mais pas mal plus facile à assumer !

Face aux défis qui se présentent maintenant, les Américains n'entendent surtout pas la voix de la raison. Ils ne se montrent réceptifs qu'à des promesses irréalistes de candidats opportunistes : des solutions rapides et indolores à des problèmes de fond qui prendront des années, voire des décennies, à se régler.

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