L'armée canadienne examine ses options pour «poser le geste le plus approprié» à l'endroit du commandant de la base militaire de Trenton qui est accusé de meurtre, de braquage de domicile et d'agression sexuelle, et nommera bientôt son remplaçant.
Le chef d'état-major de la Force aérienne, le lieutenant-général André Deschamps, a fait savoir par communiqué que les Forces armées canadiennes exigent de leurs membres «un très haut standard de conduite et de performance» au Canada et à l'étranger, qu'ils soient en service ou en congé. Toutes les allégations d'offenses militaires ou criminelles, y compris celles contre le colonel Russell Williams, sont prises «très au sérieux» de dire le lieutenant-général.
«Quoiqu'il y ait présomption d'innocence jusqu'à ce qu'il y ait preuve de culpabilité, étant donné la gravité des chefs d'accusations, et considérant le haut niveau de responsabilités rattachées au poste de commandant d'escadre, un commandant intérimaire pour la 8e Escadre Trenton sera nommé sous peu. De plus, au cours des prochains jours, un examen sera mené par la 1ère Division aérienne canadienne, à Winnipeg, afin de déterminer les mesures appropriées concernant le colonel Williams dans l'attente du dénouement final du procès» lit-on dans le communiqué.
Le lieutenant-général Deschamps a déclaré que la Force aérienne appuyait entièrement les autorités civiles dans le déroulement de cette affaire et il a exprimé ses plus sincères condoléances aux familles des victimes.
«Je suis convaincu que le personnel de la Force aérienne de la 8e Escadre va continuer d'accomplir ses tâches tout en continuant de faire preuve de professionnalisme et du sens du devoir dont il a fait preuve dans le passé. Je vais m'assurer que les leaders et le personnel de l'Escadre bénéficient de l'appui nécessaire au cours de cette période difficile», a poursuivi le lieutenant-général. Cette situation nous affecte tous et je désire exprimer mes plus sincères condoléances aux familles de ceux qui sont touchés par ces évènements tragiques.»
Le colonel à la retraite et expert en justice militaire, Michel Drapeau, a expliqué à l'agence QMI que ce meurtre fait partie des quelques accusations qui ne peuvent pas être jugées par un tribunal militaire lorsque la présumée infraction a eu lieu au Canada. Bien que les accusations porteront un coup dur dans les cercles fermés chez les militaires, il ne s'attend pas à ce que cela ait des implications plus larges pour la réputation des Forces armées canadiennes.
Le major général à la retraite Lewis Mackenzie n'avait jamais entendu parler d'un officier de haut rang inculpé d'infractions aussi graves, mais il reconnaît que cela sera considéré comme un cas isolé qui ne ternira pas la réputation de l'armée.