QUÉBEC - Le gouvernement de Jean Charest souhaite rouvrir la Constitution canadienne, afin qu'on y mentionne notamment que la nation québécoise est reconnue par Ottawa.
Citant le ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes, Claude Béchard, le quotidien Le Devoir rapporte en effet dans son édition de la fin de semaine que Québec projette de relancer des négociations constitutionnelles, mais uniquement avec le fédéral.
Une nouvelle qui tombe 20 ans après l'échec de l'accord du lac Meech.
«Toute la question de la nation, ça pourrait être intéressant de la voir inscrite aussi au niveau constitutionnel, a déclaré M. Béchard en entrevue au quotidien. Ça, c'est des choses qu'il faut bien sûr commencer à négocier et à discuter.»
Le gouvernement Charest cherche également à obtenir des pouvoirs exclusifs dans le domaine de la culture et des communications.
Le gouvernement libéral est apparemment à développer «une nouvelle approche» pour dialoguer avec Ottawa sans que s'en mêlent les autres provinces. Le ministre Béchard souhaite «ne pas allumer de feux dans d'autres provinces sur des enjeux qui ne les touchent pas et être capable de régler nos enjeux de manière bilatérale, et à la limite obtenir un amendement constitutionnel qui ne vient pas intervenir dans les champs de compétence des autres provinces».
La loi permet que la Constitution soit amendée simplement à la suite d'un vote des députés de la Chambre des communes. Mais la modification en question ne doit affecter que la province qui s'est entendue avec Ottawa.
Le gouvernement Charest a toutefois des priorités plus pressantes que d'éventuels amendements constitutionnels, comme l'harmonisation de la Taxe sur les produits et services (TPS) fédérale et de la Taxe de vente du Québec (TVQ), une mesure de 2,2 milliards $ que Québec réclame depuis deux ans.