Québec invité à agir

Hausse de 19% de la consommation d'alcool

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Rémi Nadeau @

Journal de Québec, Publié le:

Dans un rapport remis au ministère de la Santé, des chercheurs de l'Institut national de santé publique suggère des pistes de solution audacieuses pour mettre un frein à la hausse de consommation d'alcool au Québec.

© Les archives Simon Clark

Dans un rapport remis au ministère de la Santé, des chercheurs de l'Institut national de santé publique suggère des pistes de solution audacieuses pour mettre un frein à la hausse de consommation d'alcool au Québec.

L'Institut national de santé publique propose au gouvernement Charest de réduire le prix des bières légères afin de freiner la hausse de consommation d'alcool observée au Québec.

Dans une étude déposée ce mois-ci au ministère de la Santé, trois chercheurs de l'INSPQ s'inquiètent des nouvelles habitudes des Québécois et de leur impact sur les coûts sociaux.

Nicole April, Claude Bégin et Réal Morin signalent que la consommation per capita a augmenté de 19 pour cent entre 1994 et 2008, passant d'une moyenne de 6,8 litres en équivalent d'alcool pur à 8,1 litres.

Ils s'inquiètent aussi du fait que de 1995 à 2005, plus de 200 000 personnes se sont ajoutées au groupe déclarant une consommation au delà des quantités hebdomadaires jugées à faible risque, totalisant 500 000 Québécois.

Pendant cette période, le taux d'hommes ayant ingurgité plus de 14 consommations en une semaine est passé de 8 pour cent à 11 pour cent, et celui de femmes ayant excédé neuf consommations pendant une semaine a plus que doublé, de 3,8 à 7,8 pour cent.

« On remarque un pattern de consommation à plus haut risque tant pour la consommation hebdomadaire que pour la consommation abusive épisodique, c'est à dire le fait de boire plus de cinq consommations au cours d'une occasion, au moins une fois par mois », a précisé le directeur scientifique, Réal Morin, en entrevue au Journal.

Comme la bière représente près de 60 pour cent de l'alcool consommé au Québec, l'INSPQ suggère au gouvernement d'imiter l'Australie, qui a diminué les taxes et les prix des bières à faible teneur en alcool.

Restreindre la publicité

Plus encore, les chercheurs croient que Québec devrait vérifier la légalité et l'acceptabilité sociale d'une restriction partielle ou totale de la publicité sur les produits alcoolisés et les promotions de type « 2 pour 1 » dans les bars. « Puisque les jeunes sont ainsi ciblés, dans l'idée de la prévention de la consommation abusive, on souhaiterait que ce soit examiné parce qu'il est assez clair que c'est un incitatif à la consommation et que ce sont des pratiques questionnables », a expliqué M. Morin.

SAQ critiqué

Les trois chercheurs invitent par ailleurs la Société des alcools à se questionner sur ses pratiques promotionnelles axées sur les rabais au volume d'achat et autres réductions de prix.

Selon eux, ces pratiques de la SAQ illustrent le glissement de sa mission de contrôle et de prévention vers des objectifs de rentabilité.

Ils avaient déjà dénoncé dans le passé le comportement de la société d'État, qui a pourtant augmenté depuis la fréquence de ses promotions.

« Nous maintenons que ça ne sert pas l'intérêt de santé publique », a conclu Réal Morin.

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