Une jeune designer a mis au point une jaquette d'hôpital révolutionnaire, confortable et qui cache bien les fesses.
Diplômée de l'École de design de l'Université de Montréal, Noémi Marquis, a conçu avec l'aide de sa professeure, Denyse Roy, la chemise DUO qui se porte en deux morceaux : un qu'on enfile par devant et l'autre par l'arrière. Il s'agit du projet de fin d'études de Mme Marquis, qui est originaire de Rimouski.
Après cinq ans de recherche, étudiante et professeure ont mis au point ce vêtement qui, en plus d'être pratique et décent, est unisexe et s'adapte aux différentes tailles. La superposition des tissus forme des manches, le tout ressemblant à un ensemble avec veste ouverte qui tient bien au niveau des épaules, sans cordon, attache ou velcro.
«Le jeu latéral permet à la jaquette de bien s'adapter à la silhouette, s'il y a surpoids ou dans le cas d'une femme enceinte, par exemple. L'ampleur et la longueur permettent de cacher les genoux quand on s'assoit», explique Noémi Marquis. De plus, la DUO rend l'examen clinique plus facile pour le personnel médical.
Légère
Une des contraintes du projet était d'arriver à créer un produit plus léger que la jaquette traditionnelle, étant donné que le coût du lavage de la lingerie d'hôpital est déterminé au poids. Même si les jaquettes DUO sont un peu plus lourdes que les jaquettes classiques, 408 grammes contre 330 grammes, les personnes qui les enfilent n'en mettent qu'une.
«Selon nos chiffres validés par des observations cliniques, 24 % des gens hospitalisés portent deux jaquettes traditionnelles une par-dessus l'autre pour des questions de pudeur. On peut donc réaliser rapidement une économie à l'usage en considérant les coûts d'achat, le nombre utilisé et l'entretien», précise Mme Marquis.
Qui plus est, le poids de la DUO, faite de 65 % de polyester et de 35 % de coton, pourrait encore être allégé par le choix des tissus, ou le type de tissage, selon Mme Marquis.
Tests concluants
Le centre hospitalier de St. Mary's à Montréal a testé la chemise DUO dans ses services d'obstétrique et celui des soins longue durée, à l'été 2009. «Le projet a été très bien accueilli. À la suite des suggestions reçues, nous avons revu le patron, en apportant de légères modifications aux emmanchures et à l'encolure.»
Le projet de recherche était supervisé et appuyé par le manufacturier W. Laframboise, spécialisé dans la lingerie-literie pour hôpitaux, centre d'accueil et résidence.
Un brevet a été octroyé à l'Université de Montréal et aux deux designers, pour le Canada et les États-Unis.
Bien qu'il ne soit pas facile de changer les habitudes dans le milieu hospitalier, les deux designers estiment qu'elles réussiront à commercialiser leur produit d'ici cinq à dix ans. Elles aimeraient bien que leur produit soit d'abord acheté au Québec. «Question de fierté nationale», dit Noémi Marquis.
La société Univalor, qui a pour mission de transférer à l'industrie les inventions universitaires développées par les chercheurs rattachés à l'Université de Montréal, a pris en charge la commercialisation de la DUO.