MONTRÉAL - L'usine Gazmont, qui produit de l'électricité à partir des biogaz émis par les déchets du site d'enfouissement du Complexe environnemental Saint-Michel à Montréal, risque de devoir fermer ses portes en raison de lourdes pénalités à payer à ses créanciers, dont Hydro-Québec.
Selon ce qu'a appris le quotidien La Presse, un délai a été accordé à Gazmont le 15 juillet dernier pour rester à l'abri de ses créanciers. L'entreprise, qui était dans cette situation depuis le mois dernier, a jusqu'au 27 août pour remédier à la situation.
Toute l'électricité produite est vendue à Hydro-Québec en vertu d'un contrat de 25 ans.
La production est toutefois insuffisante et la société d'État impose des pénalités de 300 000$ par mois en vertu de l'entente. Les sommes représentent jusqu'à maintenant 1,2 million $. Hydro-Québec affirme procéder en toute légalité, selon les clauses du contrat.
Les biogaz, s'ils ne sont pas contrôlés, ont des propriétés nocives pour la population et l'environnement. L'importante quantité de méthane qui s'en dégage est une source de gaz à effet de serre.
La Ville de Montréal soutient donc vouloir éviter la fermeture de Gazmont et assure trouver des alternatives dans l'éventualité où cela se produirait, en continuant de brûler les biogaz. Elle désire également poursuivre la mise en valeur de ceux-ci.
En activité depuis 1996, Gazmont est une société en commandite dont font partie Biothermica et SNC-Lavalin. Elle est opérée par Dynatech. Il s'agit de la troisième plus importante centrale de production d'électricité à partir du biogaz, dans le monde.
En 2002, elle a remporté le prix ÉcoGeste du gouvernement du Québec, remis aux entreprises qui se sont illustrées dans le contrôle et la réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre. Elle alimente notamment en électricité la Tohu, la Cité des arts du cirque.