OTTAWA - Le Canada a réaffirmé vendredi son opposition à ce que les pays ne faisant pas partie de la région arctique interviennent dans sa gouvernance, dans un document fixant les grandes orientations de sa politique étrangère en la matière.
«De nombreux intervenants, bien éloignés de la région elle-même, cherchent à y jouer un rôle et, dans certains cas, remettent en question la gouvernance de l'Arctique», relève ce document, intitulé «Énoncé de la politique étrangère du Canada pour l'Arctique» et présenté vendredi par le chef de sa diplomatie Lawrence Cannon.
«Bien qu'un grand nombre de ces intervenants puisse apporter une contribution dans l'aménagement du Nord, le Canada ne reconnaît pas la prémisse que l'Arctique ait besoin d'une structure de gouvernance refondue ou d'un cadre juridique», ajoute-t-il.
«Le Canada n'accepte pas non plus (l'idée) que les États nations de l'Arctique soient incapables de dûment gérer le Nord, alors qu'il subit des changements fondamentaux», poursuit le texte.
Ni le document ni le ministre n'ont précisé les «intervenants» qui souhaiteraient modifier le statut de l'Arctique.
Selon des chercheurs, la Chine manifeste depuis quelques années de l'intérêt pour cette région, ce qui s'explique par deux conséquences prévisibles du réchauffement climatique: la possibilité de transporter par la voie maritime du Nord les marchandises chinoises vers l'Europe et les perspectives d'accès aux ressources naturelles encore cachées par les glaces.
Dans ce contexte, le Canada se félicite de la coopération internationale tant bilatérale avec les Etats-Unis que multilatérale au sein du Conseil de l'Arctique qui compte huit membres (Canada, Danemark, Etats-Unis, Finlande, Islande, Norvège, Suède et Russie) et des cinq pays riverains (Canada, Danemark, Etats-Unis, Norvège et Russie).