Commission Bastarache

Bellemare contre Charest: un choc des titans à venir

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Taïeb Moalla @

Journal de Québec, Publié le:

L'avocat de Marc Bellemare pourra contre-interroger le premier ministre Jean Charest au cours des prochaines semaines.

Agence QMI / Jean-Francois Desgagnes

L'avocat de Marc Bellemare pourra contre-interroger le premier ministre Jean Charest au cours des prochaines semaines.

QUÉBEC - En obtenant, mercredi, le statut de participant qu'il venait tout juste de réclamer, Marc Bellemare a ouvert la voie à un véritable choc des titans. Son avocat pourra en effet contre-interroger le premier ministre Jean Charest au cours des prochaines semaines.

Me Rénald Beaudry, avocat de l'ancien ministre de la Justice, a attendu la fin de la matinée pour demander à obtenir le statut de participant. Constatant que «les forces en place sont démesurément disproportionnées» et disant vouloir apporter « un éclairage différent des contre-interrogatoires amis qui pourront être faits par les autres participants », Me Bellemare a décidé de participer pleinement à ce qu'il qualifiait jusqu'à récemment de «fan-club libéral» et de «piège à cons».

Dans sa requête, Marc Bellemare glisse qu'un statut de participant lui permettrait aussi de «prendre connaissance de toute la preuve disponible y compris les "will say" (le compte-rendu des prétémoignages) de tous les témoins à être entendus».

Les avocats du gouvernement du Québec, de Jean Charest et du Parti libéral du Québec (PLQ) ne se sont pas objectés à la demande de Me Bellemare. Ils se sont plutôt félicités du fait que cette nouvelle situation permettrait «d'équilibrer» et «d'accréditer» les débats de la commission.

Pas de demande d'aide financière

Étrangement, Me Bellemare n'a présenté aucune demande d'aide (juridique) financière. Ni lui ni son avocat n'ont voulu expliquer cette omission. Il n'est pas impossible qu'une telle demande soit déposée au cours des prochains jours, nous a-t-on suggéré. Si tel devait être le cas, le commissaire Bastarache devra faire une recommandation positive ou négative au gouvernement.

Ironiquement, c'est l'administration gouvernementale qui aurait alors le dernier mot pour accepter - ou non - une éventuelle demande d'aide financière d'un ex-ministre qui s'en prend depuis des mois au premier ministre Charest.

Dîner et golf après la démission

Interrogé de façon serrée par l'avocat du PLQ, Me André Dugas, l'ancien ministre de la Justice a dû admettre qu'il a pu partager un repas au restaurant avec Franco Fava dans les mois qui ont suivi sa démission, en avril 2004. Il a même participé à une partie de golf à laquelle prenait part Charles Rondeau, en juillet 2004, dans «un beau neuf trous, le plus ancien au Canada (à l'île d'Orléans)» s'est-il rappelé.

Pourquoi avoir continué à fréquenter des collecteurs de fonds qui auraient mis des pressions «colossales» sur lui et qui l'auraient mis dans une «situation délicate» selon ses propres mots? «Ça ressemblait plus à un dîner funéraire qu'à autre chose», a d'abord minimisé Me Bellemare. Devant l'insistance de Me Dugas, il a ajouté que «c'est des gens que j'ai connus en politique (...). Moi, je n'ai pas d'animosité par rapport à M. Fava ou par rapport à M. Rondeau», a-t-il mentionné.

Au cours de l'interrogatoire d'hier, Me Dugas a ironisé sur «la fiabilité du témoin (Me Bellemare)» et «sur sa mémoire qui est extraordinaire sur certains événements et qui l'est moins sur d'autres».

L'avocat du PLQ s'est fait rabrouer à quelques reprises par Michel Bastarache. «Ici encore, là, on a déjà exploré ça», lui a servi le commissaire avec une pointe d'agacement, lorsque ses questions ne faisaient que répéter des éléments auxquels Me Bellemare avait répondu précédemment.

Ajournée hier en début d'après-midi, la Commission Bastarache reprendra ses travaux mardi matin.

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