Ottawa
Les parlementaires fédéraux voyagent avant la rentrée
Photo: archives
«Ce n'est pas un voyage dans les Caraïbes», s'est défendu le député conservateur Steven Blaney au sujet de son voyage à Bruxelles la semaine prochaine.
Au moins 13 députés et six sénateurs utilisent une partie de leur temps libre en septembre avant de reprendre le boulot au Parlement, pour visiter différents pays et assister à des réunions d'associations parlementaires.
«Ce n'est pas un voyage dans les Caraïbes», s'est défendu le député conservateur Steven Blaney au sujet de son voyage à Bruxelles la semaine prochaine.
M. Blaney doit assister à une conférence avec des parlementaires, pour la plupart européens, pour discuter de questions sur l'Arctique. Il estime important que les parlementaires canadiens prennent la parole lors de ces forums, sans quoi personne ne sera là pour défendre la souveraineté canadienne en Arctique. Les contribuables ont davantage à perdre, selon lui, «que le coût d'un petit voyage en Arctique».
Le député libéral Rob Oliphant, qui est en Arménie avec les membres du groupe d'amitié Canada-Arménie en compagnie des députés Harold Albrecht et Tony Martin, a indiqué que son voyage n'était pas payé par les contribuables.
Le voyage comprend «pas plus de 3 heures de temps libre», précise-t-il, et les députés seront de meilleurs parlementaires, selon lui, en raison de leurs nouvelles connaissances.
«On devrait poser davantage de questions aux députés qui n'utilisent pas leur temps pour en apprendre davantage sur le monde. Les électeurs devraient être fiers de ce travail», a écrit mardi le député Oliphant à l'Agence QMI.
Mais tous les députés ne sont pas de cet avis.
Le député libéral David McGuinty dit qu'il n'a jamais pris part à un voyage parlementaire et, malgré plus de 49 offres, il n'a pas l'intention de commencer à voyager.
«J'ai voulu d'abord me concentrer sur les 118 000 personnes que je sers, explique-t-il. Je ne dis pas qu'il n'y a aucun mérite dans les voyages des associations parlementaires, mais je pense que si j'avais besoin d'information sur la politique océanique australienne, je prendrais le téléphone et j'appellerais le Haut Commissaire de l'Australie et je lui demanderais de l'information», de dire le député McGuinty. Il est important d'être très conscient des coûts.»
Derek Fildebrandt de la Fédération canadienne des contribuables ne croit pas tous les déplacements sont des «voyages-vacances», mais les députés et les sénateurs devraient montrer leurs factures à leur retour pour que les électeurs sachent où est passé l'argent.
Cela ne pose aucun problème au député conservateur Gordon Brown, qui sera à Washington plus tard ce mois-ci pour discuter du commerce transfrontalier avec les législateurs américains et des gens d'affaires.
«C'est (déjà) très transparent (mais) personnellement, je n'ai pas de problèmes avec la responsabilité et la transparence de quelque activité à laquelle nous participons», dit-il.
Le coût global des dix voyages réguliers prévus au début de septembre à Paris, Genève, Bruxelles et Washington ainsi que dans des pays comme le Bénin, le Burkina Faso, les Seychelles, le Kenya, le Danemark (Groenland), l'Islande et l'Arménie sera rendu public au retour des délégations.