Commission Bastarache

Drôle de combat

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Mathieu Turbide

Journal de Montréal, Publié le:

Au diable le processus de sélection des juges, le témoignage qui a le plus excité les avocats, hier, a été celui de Pierre Legendre, le frère de l'ex-ministre péquiste Richard Legendre.

Pourquoi ?

Simplement parce que c'est un témoignage plus juteux, avec lequel les avocats de Jean Charest, du PLQ et du gouvernement espéraient miner la crédibilité de Marc Bellemare.

Et dans cette optique, Pierre Legendre devait être celui par qui on veut tenter de démolir un peu l'image apolitique de Marc Bellemare.

Il semble, en effet, de plus en plus clair que l'ancien ministre de la Justice a muté Pierre Legendre à d'autres fonctions parce qu'il était le frère du député péquiste Richard Legendre.

Mais qu'est-ce que cela prouve ? Que Marc Bellemare aussi a joué le jeu de la partisanerie ? Et puis ? Il faut être bien naïf pour penser que les nouveaux gouvernements qui arrivent au pouvoir - péquistes, libéraux ou conservateurs - ne font pas ce genre de ménage autour d'eux.

Pierre Legendre a beau dire qu'il avait brièvement servi sous un ministre libéral en 1994. Mais la réalité, c'est qu'à cette époque, son frère Richard n'était pas impliqué en politique. Il était encore moins un ancien ministre et un député de l'opposition...

Le fonctionnaire à la retraite a peut-être écorché Me Bellemare à plusieurs reprises, mais, très bavard, il a trouvé le moyen d'aider indirectement la cause de l'ancien ministre.

«Fais attention...»

Il a notamment confirmé que son frère, Richard, avait téléphoné au chef de cabinet de Marc Bellemare, Michel Gagnon, et qu'il lui avait dit : «Fais attention à mon frère !», exactement comme l'a soutenu Marc Bellemare. M. Legendre précise toutefois que c'était une blague entre deux vieux amis d'école.

Mais une question se pose alors : pourquoi le «vieil ami» d'école aurait-il confié cette discussion «entre amis» à son ministre de patron ?

Il a aussi «salué» la bonne mémoire de Marc Bellemare, en confirmant que leur première rencontre avait eu lieu sur la terrasse d'un restaurant.

Règlement de compte ?

Par ailleurs, Marc Bellemare n'est pas monté dans le ring de la Commission Bastarache, hier matin, déplorant une sorte de «règlement de comptes politique».

Pourtant, en acceptant d'aller témoigner à la Commission et en réclamant le statut de participant, Me Bellemare savait dans quoi il s'embarquait.

On comprend donc mal sa stratégie de prendre soudainement ses distances et d'aller, en quelque sorte, bouder dans son coin.

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