Gaz de schiste
Québec devra-t-il inspecter 603 forages?
© Agence QMI / Luc Cinq-Mars
André Bélisle de l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique
MONTRÉAL - Le ministère de l'Environnement devrait-il inspecter les 603 forages réalisés au Québec dans les dernières années pour l'exploration et l'exploitation du gaz de schiste, du gaz naturel, du pétrole et de la saumure?
L'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) répond par l'affirmative et demande au gouvernement du Québec de vérifier tous les forages effectués dans la province.
Dans une lettre envoyée au ministère le 11 janvier et dont Argent a obtenu copie, l'AQLPA s'inquiète des derniers éléments révélés dans le dossier du gaz de schiste. Selon des documents déposés au Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE), 19 puits de gaz de schiste sur 31 laissaient échapper des émanations.
Un autre cas d'émanations avait été révélé en automne dernier. Une communication entre le ministère des Ressources naturelles et la compagnie Junex avait été interceptée dans laquelle une fonctionnaire avertissait qu'un forage de saumure laissait échapper 500 mètres cubes de méthane par jour.
«Si on fait le décompte, cela fait 2600 tonnes chaque année. C'est l'équivalent de la consommation de 650 voitures. Donc à partir de là, il faut savoir s'il y a des émanations dans les autres forages que ce soit du pétrole, du gaz de schiste ou autre», a affirmé André Bélisle de l'AQLPA.
«On doit faire la lumière sur tous les forages qui ont été faits au Québec. On nous dit qu'il n'y a pas de problème, mais dès que l'on fait des vérifications, on se rend compte qu'il y a parfois des émanations», a ajouté M. Bélisle.
Ce dernier souhaite également que les inspections faites par le ministère des Ressources naturelles dans les puits de gaz de schiste fassent l'objet d'un contrôle de la part du ministère de l'Environnement.
«Le ministère des Ressources naturelles a toujours voulu rapatrier l'autorité du dossier des gaz de schiste. Il n'est pas question d'affaiblir les pouvoirs du ministère de l'Environnement», a indiqué M. Bélisle.
L'ancien ministre de l'Environnement Thomas Mulcair croit qu'il est grand temps que son ancien ministère agisse dans le dossier du gaz de schiste, mais aussi dans les autres forages.
«La Loi sur le développement durable prévoit le principe de précaution. C'est-à-dire qu'on n'a pas le droit de procéder à long terme les générations futures. Et on doit vérifier cela à chaque fois», a-t-il indiqué en entrevue.
Le député d'Outremont s'en prend également à ce qu'il considère comme de la rhétorique facile de la part du gouvernement lors des dernières semaines.
«On a une ministre qui affirme d'une manière risible que cela n'est pas plus grave que les flatulences d'une vache. Ce n'est pas sérieux. Le public a le droit à plus», a affirmé M. Mulcair.