Gaz de schiste

Un moratoire serait «dangereux», dit le ministre Paradis

Olivier Bourque

Publié le:

Christian Paradis

© Agence QMI / Luc Cinq-Mars

Christian Paradis

MONTRÉAL - Imposer un moratoire sur l'exploration et l'exploitation du gaz de schiste serait «dangereux», selon Christian Paradis, le ministre fédéral des Ressources naturelles et lieutenant de Stephen Harper au Québec.

«Je suis contre un moratoire [.]. L'idée d'imposer un moratoire, c'est dangereux», a indiqué M. Paradis lors d'une entrevue à Argent.

«Si on met un moratoire trop vite, c'est difficile après de reculer. Il faut toutefois ajuster des choses et élaborer un dialogue», a-t-il poursuivi.

Le ministre Paradis a également affirmé qu'il est normal que les populations visées se posent des questions, d'autant que le gaz de schiste se trouve souvent dans des zones à forte densité ou dans des secteurs agricoles.

«Les gens ont raison de poser des questions. C'est pour cela que tout ce qu'on peut donner au niveau fédéral, si on a de l'information qui a été payée par les contribuables et qui est crédible, on se doit de la partager», a-t-il souligné.

M. Paradis a notamment demandé à la Commission géologique du Canada de fournir de l'information sur le sujet. Il a cependant affirmé que son pouvoir d'action dans ce dossier est limité, car les opérations dans le secteur des ressources naturelles sont de compétences provinciales.

En été dernier, plusieurs médias avaient appris que des notes avaient été préparées pour le ministre Paradis sur les gaz de schiste.

Dans ces notes, le gouvernement Harper était prévenu que l'exploitation du gaz de schiste pourrait faire augmenter les émissions de gaz à effet de serre, empiéter sur les habitats naturels fauniques et réduire les réserves d'eau de source.

«Le Canada possède des ressources importantes de gaz de schiste et l'industrie les explore et les développe de façon agressive», était-il indiqué dans ses notes.

À l'époque, le ministre Paradis n'avait pas voulu commenter.

Une étude du ministère de l'Environnement américain (EPA) semble donner raison aux notes des fonctionnaires. Dans une étude publiée il y a quelques jours, l'organisme avait souligné que la production de méthane provenant de la fracturation hydraulique était 9000 fois plus élevée que prévu.

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