«Le Beyrouth de Québec»

D'Estimauville n'a plus la cote

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Karine Gagnon @

Journal de Québec, Publié le:

Le secteur d'Estimauville est en situation de dépérissement accéléré depuis plusieurs années.

© Stevens LeBlanc Le Journal de Québec

Le secteur d'Estimauville est en situation de dépérissement accéléré depuis plusieurs années.

Projet porteur d'espoir pour l'est de la ville, la revitalisation de d'Esti­mau­ville, secteur décrit par le maire La­beaume comme « le Beyrouth de Qué­bec », n'a plus le vent dans les voiles.

Avec les doutes planant sur l'avenir de NeuroCité et la valse hésitation du gouvernement fédéral pour y ériger son édifice de 10 étages devant accueillir quelque 700 fonctionnaires, le secteur d'Estimauville attend toujours les bougies d'allumage qui devaient servir à sa relance.

« Au moment où on se parle, et passez-moi l'expression, mais d'Estimauville n'est pas dans la game du tout, constate Alain Loubier, chef de l'opposition officielle à la Ville de Québec. La Ville n'a mis de l'avant aucune stratégie pour faire la promotion du secteur et aucun programme n'a été mis en place (...) Il n'y a absolument rien de fait et ça risque de devenir un enjeu (lors des prochaines élections). »

Le maire Labeaume a annoncé, l'automne dernier, qu'il avait commandé deux études au coût d'un million pour planifier le réaménagement de d'Estimauville. Il estimait à 20 millions les investissements qui seraient nécessaires, comparant l'opération à celle de la relance de Saint-Roch. On souhaite en faire un secteur mixte avec une fonction d'édifices à bureaux, des logements et des commerces.

La Ville s'est bien portée acquéreur d'un certain nombre de terrains dans le secteur d'Estimauville. D'autres investissements serviront à revoir la géométrie des rues et à aménager le terminus d'autobus, mais depuis, plus rien n'a bougé, observe M. Loubier.

Situation embrouillée

« Les seuls développements qu'il y a eus c'est qu'au dernier PTI, de l'argent était disponible (...) Il a été question à une certaine époque d'adopter un plan d'urbanisme particulier pour le secteur : on l'attend toujours. Il a été question qu'on adopte des programmes incitatifs : on les attend toujours. Il n'y a rien sur la table au moment où on se parle. »

Si la Ville a l'intention d'effectuer un certain nombre d'investissements en infrastructures, ce qui est prévu depuis plusieurs années, comme le rapporte M. Loubier, « il y a encore un flou dans la vision de la Ville concernant la vocation du secteur. La situation ne s'est pas clarifiée avec les doutes qui semblent planer autour de l'avenir de NeuroCité. »

Quant au projet de construction d'un édifice fédéral, « projet le plus probable et qui a le plus de chances de se réaliser, selon M. Loubier», rien n'est moins sûr. Le gouvernement souhaiterait plus de visibilité. « On pensait avoir des indications de l'état d'avancement de ce dossier dans le dernier budget; grande déception, il n'y a absolument rien et c'est une source d'inquiétude parce qu'on croit savoir entre les branches que ce n'est pas le scénario privilégié par le gouvernement fédéral. »

Sérieuses réserves

Projet porteur de la revitalisation du secteur d'Estimauville, la NeuroCité est en effet loin d'être vouée à un avenir certain, comme le dévoilait le Journal il y a deux semaines, d'après des informations obtenues de diverses sources émanant tant du gouvernement du Québec que de la Ville et du milieu des affaires.

Selon des sources dignes de foi, MM. Labeaume et Denis Brière, recteur de l'Université Laval, auraient de sérieuses réserves quant au bien-fondé d'associer des entreprises privées à un institut de recherche universitaire qui utilise des fonds publics. M. Labeaume n'avait pas voulu commenter, sinon pour dire que NeuroCité avait toujours son appui.

En mission en France, le maire Régis Labeaume n'a pas voulu commenter le dossier d'Estimauville, hier. Son attaché de presse, Paul-Christian Nolin, a toutefois assuré « qu'il y a des choses qui s'en viennent, mais qu'on ne peut les confirmer présentement. »

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