Après avoir essuyé deux échecs en sept ans, le propriétaire de l'église Saint-Coeur-de-Marie présente à la Ville de Québec une nouvelle demande de modification au règlement de zonage pour obtenir un permis d'y tenir des réceptions, des concerts, des bals et des vernissages avec service de restauration et de bar. Le parolier et metteur en scène Luc Plamondon s'intéresse au projet.
La dernière messe de l'église Saint-Coeur-de-Marie fut célébrée en 1997. Le temple fut désacralisé la même année avant d'être acheté en 2002 par un Américain de la Virginie du nom de Alex Ramhi pour être rebaptisé «Le Palais des Arts».
Depuis, l'organisation à but non lucratif tente de trouver une nouvelle vocation à l'église de style romano-byzantin située au coin de la Grande-Allée et de la rue de L'Amérique française.
«C'est un gros défi de réutiliser les anciennes églises pour en faire des activités viables», soupire l'architecte Marc Bouchard, partenaire dans le projet avec le gérant Yvan Cloutier.
Le projet consiste à recycler l'église pour en faire une salle «multifonctionnelle» pour y accueillir des activités sociales, culturelles et corporatives variées. L'obtention d'un permis de restauration et de bar complémentaire est absolument nécessaire à la réussite du projet, ont expliqué hier messieurs Cloutier et Bouchard. «On pourrait le faire mais on ne peut pas accueillir les gens en leur servant du Pepsi», objecte Yvan Cloutier.
Le projet initital soumis en 2002 fut rejeté en 2004 en raison d'un imbroglio causé par les mentions «discothèque et restaurant» dans le projet de modification présenté par la Ville.
«C'était pas ce qu'on demandait, rappelle Yvan Cloutier. On n'en avait jamais parlé (...) Les fonctions de restaurant et de bar sont spécifiquement exclues de notre demande de même que les activités de «rave» et de disco», a rappelé Marc Bouchard hier devant une douzaine de citoyens venus assister à une séance d'information qui se tenait dans le sous-sol de l'église.
Le permis de restauration et de bar ne serait utilisé qu'à l'occasion des réceptions ou spectacles qui seraient présentés, ont-il expliqué. Les dirigeants du Plais des Arts ont donc entrepris une opération charme afin de convaincre leurs voisins de la pertinence de leur projet.
Plamondon
Le parolier Luc Plamondon a visité l'église à deux reprises à l'occasion de son séjour à Québec l'été dernier. «Ses parents se sont mariés à l'église Saint-Coeur-de-Marie», a confié M. Cloutier.
Plamondon a de nouveau manifesté son intérêt envers l'ancienne église la semaine dernière, à l'occasion d'une rencontre impromptue avec le maire Régis Labeaume qui se trouvait au palais de l'Élysée, à Paris, la semaine dernière au moment où le premier ministre Jean Charest était reçu chevalier de la Légion d'honneur.
Il n'a pas été possible de parler à M. Plamondon et le maire Labeaume n'a pas retourné l'appel du Journal de Québec.
Investissement de plus de 2M$
Yvan Cloutier et Marc Bouchard estiment qu'il faudrait investir entre 2 et 4 millions de dollars pour rendre le «Palais des Arts» utilisable.
Un million a déjà été investi pour refaire le mur extérieur, du côté est et pour restaurer les vitraux.
Une visite des lieux permet d'apprécier la qualité du travail effectué sur les vitraux. La fenestration extérieure a également été restaurée. Le bâtiment est présentement chauffé minimalement pour la «modique» somme de 3000 dollars par mois, a confié Yvan Cloutier.
L'endroit est déjà fort prisé par de grandes corporations, précisé M. Cloutier. Les fabricants de la boisson énergétique Red Bull ont voulu réserver la salle en janvier pour y tenir une réception. «On a dû refuser parce qu'on n'a pas le permis», soupire M. Cloutier.
Le Cirque du Soleil voulait y faire entraîner ses acrobates lors de son passage à Québec en octobre. Ils ont dû se rendre à Montréal, le Palais des Arts ne pouvant les accommoder. Des réceptions corporatives ont été tenues en 2003 avec services de restauration et d'alcool, en dérogation avec la règlement de la Ville.