Intimidation à l'école

«J'ai pensé au suicide» - Un écolier de 10 ans

Jean-François Racine

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La mère de famille de Beauport est à bout de ressources devant l'intimidation subie quotidiennement par son fils de dix ans.

© René BAILLARGEON

La mère de famille de Beauport est à bout de ressources devant l'intimidation subie quotidiennement par son fils de dix ans.

Une famille de Beauport crie à l'aide à la suite des actes d'intimidation répétés subis à l'école par un de leurs enfants, âgé de dix ans seulement.

«Notre fils est victime d'intimidation depuis trois ans. Nous avons contacté l'école, les professeurs et la direction plusieurs fois, mais ça ne cesse pas et ils nous conseillent de travailler avec notre fils. C'est lui qui doit apprendre à gérer ses émotions quand il se fait trop écœurer», raconte sa mère, Nathalie, qui ne sait plus vers qui se tourner pour aider son garçon, qui a déjà changé deux fois d'école, sans succès.

Dans la cour, en classe et aux abords de l'établissement scolaire, l'écolier est victime de moqueries au sujet de son nom ou de son physique. De l'aveu même du jeune, il lui arrive d'exploser quand la pression est trop forte. «Ils disent qu'ils vont arranger ça, mais c'est moi qui suis puni. Ils m'ont retiré de la récréation pendant que les autres sont libres», dit-il.

Lents à réagir

Selon le récit de la mère, l'école a mis en place un plan de cinq étapes qui n'évolue pas très rapidement.

«Si ses émotions sont trop fortes, on lui demande de sortir de classe et il s'en va dans le bureau du travailleur social. Ils victimisent encore plus notre fils. Par chance, il a un très bon professeur, ses résultats scolaires sont encore bons.»

La semaine dernière, l'élève de cinquième année se serait fait battre par deux ou trois enfants sur l'heure du dîner.

Les parents ont alors décidé de porter plainte à la police. Un patrouilleur s'est présenté à leur domicile le lendemain.

Rien à faire

«Le policier nous a clairement dit qu'il n'y avait rien à faire puisque c'était des jeunes de moins de 12 ans. Il nous a donné le numéro d'événement et remis le numéro de téléphone du policier jeunesse. Celui-là nous a dit qu'il allait entrer en contact avec la direction de l'école.» En désespoir de cause devant cette roue qui tourne, la mère a pris la décision de garder son fils à la maison quelques jours.

«J'ai pensé au suicide. Je ne vais pas distribuer les volées pour me faire respecter», ajoute la jeune victime.

La mère précise qu'elle n'a pas les mo­yens d'envoyer son fils à l'école privée.

«Je ne veux pas connaître plus tard ce que les parents de David Fortin vivent et je veux que mon fils puisse bénéficier d'une école comme n'importe quel enfant a le droit d'avoir, sans être constamment aux aguets.»

Au parc pour la journée

«Je ne ferai pas comme lui. Ça ferait de la peine à mes parents. Mais je vais me prendre un lunch et je vais aller passer la journée au parc», termine le jeune.

Jointe par Le Journal, la directrice, Nadine Tremblay, a répété qu'il n'y avait pas de problématique particulière à son école. Elle a ensuite référé le dossier à la Commission scolaire.

jean-francois.racine@journaldequebec.com

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