Belles, rouges, sucrées, parfumées, juteuses et gorgées de soleil: les fraises du Québec font leur apparition dans les kiosques des agriculteurs de la région. Enfin!
Dans la région de Québec, la récolte a débuté les 7, 8 et 9 juin avec les productions hâtives, cultivées sous bâche. «La production conventionnelle est à peine commencée mais c'est une question de jours. Pour avoir du volume, de la quantité et faire de l'autocueillette, il faudra attendre à la Confédération», signale le producteur François Gosselin de l'île d'Orléans, qui est aussi président de l'Association des producteurs de fraises et framboises du Québec.
La région de Québec est d'ailleurs l'un des grands pôles de production de fraise au Québec, qui est le plus important producteur de fraises au Canada. Cette culture se trouve au troisième rang de l'industrie fruitière au Québec, après la pomme et le bleuet.
«La saison commence lentement car les plants ont été beaucoup touchés par le gel d'hiver. Les parcelles hâtives sont celles qui ont été le plus affectées mais les autres vont bien», confirme le producteur Arthur Cauchon, de Château-Richer. «Au moins on a de la chaleur et je m'attends à avoir une bonne récolte. C'est bien parti aussi pour les fraises d'automne», ajoute-t-il.
À la Ferme Genest de Saint-Nicolas, on s'attend à une année normale. «On a commencé à cueillir une semaine avant l'année dernière mais la production n'est pas suffisante pour ouvrir les champs au public. Ça va aller au 30 juin», confirme Chantal Huot. «Les plants ont subi un peu de gel mais rien d'excessif. Ça prendrait de la pluie mais la récolte s'annonce bonne.»
Les fraises d'ici seront d'un bon calibre, sucrées et juteuses. Mais il ne faut pas s'attendre à un volume de production exceptionnel, compte tenu du gel d'hiver et d'un gel des fleurs survenu au mois de mai. «On s'attend à des volumes qui ne vont pas marquer l'histoire mais qui seront dans la normale des choses», assure François Gosselin. Les prix devraient être abordables pour les consommateurs: entre 5 et 6 $ par panier de 1,5 litre.
Autocueillette
L'autocueillette - un rituel chez les amateurs de produits frais - devrait débuter autour du 1er juillet. «Les gens ont hâte! On commence à avoir des téléphones à la mi-juin pour l'autocueillette», dit Sarah Bédard, de la ferme Bédard et Blouin de l'arrondissement Beauport.
Cultivant la terre appartenant à son grand-père depuis 1941, elle propose les variétés Annapolis, Cavendish, Kent, Jewel et Glooscap aux consommateurs.
«Il y a de plus en plus de familles qui viennent faire l'autocueillette. Mais on retrouve aussi des clients réguliers qui viennent en cueillir à tous les jours. Les gens connaissent notre centre-jardin mais sont parfois surpris de découvrir qu'on produit nos propres fraises!», dit-elle.
Sarah Bédard recommande de laisser sécher la rosée puis d'entamer la cueillette entre 8h et 10h du matin. Elle suggère aussi aux consommateurs qui veulent faire pousser des fraises dans leur potager de pincer les fleurs lors de la première année, afin de permettre au plant de grossir et d'assurer une meilleure production l'été suivant.
Sa recette préférée? Savourer les fraises fraîches avec un mélange de yogourt à la vanille, de crème sûre et de sucre d'érable râpé. Ou en salade avec des épinards et une vinaigrette au sirop d'érable. Son frère Nicolas les préfère au plus simple: «les fraises fraîches, c'est l'idéal!».