C'est jour national de déménagements, de lombagos, d'antiphlogistine, de coins de mur arrachés et de frigos échappés dans un escalier partout au Québec aujourd'hui.
La société québécoise se distingue en cela du reste de la planète puisqu'à aucun endroit ailleurs dans le monde une telle proportion de la population déménage la même journée.
C'est en 1975 que le gouvernement du Québec a promulgué une loi qui fixe la fin des baux au 30 juin.
Depuis, bon an mal an, le 1er juillet donne lieu à plus ou moins 250 000 déménagements. Chez Hydro-Québec, le nombre précis de demandes de débranchements et de rebranchements pour le 1er juillet n'était pas disponible, mais on indique que de janvier à juin, pas moins 378 000 déménagements ont été enregistrés, ce qui constitue une baisse par rapport à l'an dernier, alors que ce nombre frisait les 400 000.
Dans tous les quartiers, camions, camionnettes et remorques s'alignent pour permettre aux dizaines de milliers de Québécois qui changent de nid de manœuvrer.
«J'espère que c'est la dernière fois, raconte un père de famille venu aider son fils à transporter ses pénates du quartier Saint-Sauveur vers Charlesbourg. J'ai trois enfants et ils déménagent aux deux ans. En plus de la peinture, de la plomberie.»
Sur l'avenue des Érables, dans le quartier Montcalm, les camions s'alignent et la grande transhumance s'organise.
«Direction Limoilou», lance la mère d'une étudiante qui voyait au bon déroulement du déménagement.
Contrairement à la croyance populaire, un locataire ne dispose pas de la journée du 1er juillet pour déménager puisque, dans les faits, le bail prend fin à minuit le 30 juin.
Au fil des ans, l'usage veut toutefois que le chassé-croisé se fasse pendant la journée du 1er juillet.
Par ailleurs, il n'y a pas que les entreprises de déménagement qui font des affaires d'or en ce 1er juillet, c'est aussi journée faste pour les restaurants qui offrent la livraison.
«C'est notre plus grosse journée de l'année. Le Super Bowl, c'est gros, mais le 1er l'est davantage, explique France Boudreau, patronne du Pizza Salvatore de la 1ère Avenue, dans le quartier Limoilou.