Virage à droite aux feux rouges

Des chiffres peu rassurants

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Sébastien Ménard

Journal de Montréal, Publié le:

En cinq ans, 1620 accidents sont survenus à des intersections où le virage à droite au feu rouge est permis.

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En cinq ans, 1620 accidents sont survenus à des intersections où le virage à droite au feu rouge est permis.

Le nombre d'accidents survenus aux intersections où le virage à droite au feu rouge est permis a bondi de 46 % en cinq ans. Au cours de la même période, les accidents avec blessés y ont connu une progression de 61 %, ce qui inquiète grandement le ministère des Transports.

Des données obtenues par Le Journal de Montréal que le nombre d'accidents où les virages à droite au feu rouge sont autorisés est passé de 270, en 2003-2004, à 393, en 2007-2008.

Le nombre d'accidents avec blessés est quant à lui passé de 59, durant la première année d'implantation de ce type de virage, à 95, l'an dernier.

En tout, pas moins de 1 620 accrochages ont été répertoriés, depuis cinq ans, à des carrefours routiers où les virages à droite au feu rouge sont permis.

Ces données sont « très inquiétan­tes », estime l'expert en sécurité routière Robert Poëti.

« Il y a plusieurs automobilistes qui ne font pas l'arrêt obligatoire aux intersections où le virage à droite est permis », constate-t-il.

Montréal a raison!

Selon M. Poëti, ces nouvelles statistiques « donnent raison à la Ville de Montréal » qui interdit toujours cette manœuvre sur son territoire et qui n'a pas l'intention de changer la règle de sitôt (voir autre texte).

Le porte-parole du ministère des Transports, Terry McKinnon, croit que l'augmentation des accidents « peut être liée au comportement des usagers de la route. »

Il estime que le phénomène est aussi attribuable à l'augmentation du nombre de carrefours où de tels virages sont permis.

Ce sont les villes qui déterminent s'il est permis ou non d'effectuer un virage à droite au feu rouge à une intersection donnée, rappelle-t-il.

« En 2003, c'était assez limité, dit M. McKinnon. Mais, au fur et à mesure, il y a des municipalités qui ont ajouté des carrefours où c'est autorisé ou qui ont étendu les heures durant lesquelles les virages sont permis. »

Campagne de sensibilisation

Préoccupée par ces données, la ministre des Transports, Julie Boulet, a demandé aux fonctionnaires de son ministère « de reprendre les discussions avec la SAAQ et les corps policiers » afin de « refaire de la sensibilisation ».

« La sécurité routière, c'est une des priorités du gouvernement », plaide l'attachée de presse de la ministre, Jolyane Pronovost.

Le porte-parole du Ministère, Terry McKinnon, confirme qu'une « campagne de sensibilisation » est en préparation.

« Je ne peux vous dire si ce sera à l'automne ou au printemps prochain, mais ce qu'on vise, c'est de rappeler aux usagers les règles de base, comme celle qui consiste à faire un arrêt obligatoire avant de faire le virage à droite », explique-t-il.

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