certains parents pourraient voir leur chèque de BS réduit

On serre la vis aux décrocheurs

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Sébastien Ménard

Journal de Montréal, Publié le:

Ces élèves d'une école de Wuppertal, au nord de Düsseldorf, ont amorcé la dernière année de leurs études ­secondaires.

Photo Sébastien Ménard

Ces élèves d'une école de Wuppertal, au nord de Düsseldorf, ont amorcé la dernière année de leurs études ­secondaires.

DÜSSELDORF | Ce n'est pas pour rien que l'Allemagne a le plus faible taux de décrochage scolaire du monde. Dans certaines villes, les ­élèves qui cessent d'aller à l'école avant d'avoir un diplôme sont mis à l'amende. Et on songe maintenant à réduire les ­prestations d'aide sociale des parents qui ne s'assurent pas que leurs enfants étudient jusqu'à 18 ans.

« C'est la seule façon de ramener les jeunes en classe, estime Claudia Lang, de l'École des métiers de Bonn, où 26 jeunes et leurs parents ont été mis à l'amende l'an dernier. On parle, on parle, on parle, mais il ne se passe jamais rien. S'ils ont à payer, ça change tout. »

Cette mesure n'est qu'une des nombreuses stratégies déployées par l'Allemagne pour ­lutter contre le décrochage scolaire, a constaté Le Journal lors d'une enquête menée dans ce pays d'Europe au cours des dernières semaines.

Alors que ce phénomène soulève l'inquiétude au Québec, où 28 % des jeunes ne parviennent pas à obtenir leur diplôme d'études secondaires en cinq ans, les Allemands, eux, n'en ­entendent jamais parler.

« Ce n'est pas un problème pour nous », ­affirme Manfred Paul, directeur de l'école ­secondaire Aretzstraße, à Aix-la-Chapelle.

Selon le ministère de l'Éducation du land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, 94 % des ­finissants du secondaire ont obtenu un ­diplôme, l'an dernier.

« Toutefois, nous ne sommes pas heureux avec ce taux de réussite de 94 %, lance Wolfgang Koch, responsable du programme de suivi des élèves au ministère de l'Éducation. Ce que nous ­visons, c'est 100 %. »

Cercle vicieux

Les autorités du land ont d'ailleurs décidé serrer la vis à ces 6 % de décrocheurs.

Dès l'an prochain, un premier groupe d'élèves à risque devra s'engager par écrit à suivre un programme qui aura été élaboré « particulièrement pour eux », en vue de leur permettre d'obtenir un diplôme.

Beaucoup de ces élèves sont issus de ­familles qui bénéficient de l'aide sociale, ­ a-t-on affirmé au Journal.

Si les élèves ne respectent pas ces nouveaux « contrats » et que leurs parents reçoivent de l'aide sociale, leurs prestations seront ­réduites, préviennent les autorités.

« Nous sommes aux prises avec un cercle vicieux de parents qui ne s'intéressent pas à l'éducation de leurs enfants et qui ne travaillent pas, tout en recevant l'aide de l'État », dit Claudia Hardenacke, du ministère de ­l'Éducation, à Düsseldorf.

Quant aux amendes imposées aux décrocheurs, elles sont là pour rester. Les élèves de l'école secondaire Bernburger Straße peuvent en recevoir à partir de 14 ans.

« On tente d'abord de parler aux parents, mais s'il le faut, on y va avec des amendes et c'est la cour municipale qui fait le suivi », ­explique le directeur de l'institution, Klaus-­Peter Vogel.

Cet établissement, qui accueille pourtant une clientèle « très difficile », composée ­essentiellement de jeunes immigrants et d'élèves défavorisés, a vu seulement deux de ses élèves quitter l'école sans diplôme, l'an dernier.

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