DÜSSELDORF | L'Allemagne a beau avoir un taux de diplomation qui fait rêver, elle souhaite l'augmenter davantage. Pour relever ce défi, certaines régions du pays incitent les écoles à compétitionner entre elles, afin d'obtenir un « sceau de qualité » qui garantit qu'elles offrent un soutien « exceptionnel » à leurs élèves.
« C'est le même principe que les étoiles dans le secteur hôtelier », explique Wolfgang Koch, du ministère de l'Éducation de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, à Düsselfdorf.
« Une école qui a pris des mesures exceptionnelles pour s'assurer que chaque élève bénéficie d'un soutien qui améliorera ses chances de réussite peut obtenir ce sceau de qualité et l'installer sur sa façade », indique M. Koch.
À l'heure actuelle, 271 des quelque 6 000 établissements du land détiennent cette certification. Il s'agit autant d'écoles accueillant des élèves en difficulté que d'institutions fréquentées par des jeunes plus doués.
Une rivalité qui aide les parents
Alors qu'au Québec, la compétition entre les établissements est souvent décriée, Wolfgang Koch ne cache pas que le système des sceaux de qualité vise justement à favoriser une rivalité entre les institutions.
« On encourage effectivement les écoles à compétitionner, dit-il. C'est important que les parents puissent choisir dans quel établissement inscrire leurs enfants », fait-il valoir.
Wolfgang Koch estime que cette mesure pourrait contribuer à augmenter le taux d'obtention du diplôme d'études secondaires, qui s'élève déjà à 94 % en Allemagne.
Au Québec, ce taux ne dépasse pas 72 %, et la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, souhaite qu'il atteigne 80 % dans dix ans.
En favorisant cette compétition entre les écoles, Wolfgang Koch croit que le système d'éducation peut réduire le taux de décrochage scolaire davantage.
« Pour avoir droit à ce sceau de qualité, les écoles doivent démontrer qu'elles ont changé leurs méthodes d'enseignement en faveur de chaque élève et qu'elles ont repensé le rôle des professeurs », dit-il.
« C'est une manière supplémentaire de prévenir le décrochage », estime-t-il.
Deux autres mesures
En plus de cette classification des établissements, la Rhénanie-du-Nord-Westphalie s'attaque aussi aux élèves qui risquent de redoubler en leur offrant un « meilleur encadrement. »
Les autorités se préparent à lancer des « écoles d'été » pour les jeunes à risque, où l'enseignement serait prodigué par des adultes « qui ne sont pas des profs. »
Il pourrait s'agir par exemple de professionnels qui partageraient leur expérience de travail avec les élèves, afin de les intéresser à l'école, explique Wolfgang Koch.