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Un bout de doigt et du sang dans la dinde hachée

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Dany Doucet

Journal de Montréal, Publié le:

Le Centre de détention Rivière-des-Prairies peut accueillir autour de 500 prisonniers et quelque 130 employés sur semaine.

photo Thierry Avril

Le Centre de détention Rivière-des-Prairies peut accueillir autour de 500 prisonniers et quelque 130 employés sur semaine.

Un inspecteur alimentaire de la Ville de Montréal a visité les cuisines de la prison Rivière-des-Prairies, cette semaine, après une plainte d'insalubrité survenue après qu'une employée eut perdu un morceau de doigt et beaucoup de sang en hachant de la viande qui a ensuite été servie aux prisonniers.

L'incident est survenu le 28 septembre ­dernier. Le morceau d'index de la cuisinière, coupé ­jusqu'à la phalange, n'a jamais été ­retrouvé.

Les autorités de la prison assurent que la ­viande infectée a été jetée, mais des employés scandalisés, à qui Le Journal de Montréal a ­parlé, sont loin d'en être convaincus.

La viande du dessus ?

« Seulement la viande qui présentait un risque de contamination a été jetée, on parle d'environ cinq kilos de viande ; le reste a été conservé, ça pouvait donc servir à la consommation », a ­déclaré le responsable des ­relations avec les ­médias du ministère de la ­Sécurité publique à Québec, Claude Vaillancourt. Le problème, c'est que ces cinq kilos de viande n'étaient que la couche du dessus d'un grand bac de préparation.

En effet, ces bacs sont ceux qui servent à ­préparer la nourriture en grande quantité dans les cuisines de vastes établissements comme le Centre de détention de Rivière-des-Prairies, qui accueillait la semaine dernière un peu moins de 500 prisonniers.

Des employés indignés

D'ailleurs, pour préparer le menu du ­lendemain, dans ce cas-ci un repas de « dinde à la chinoise », deux de ces récipients devaient ­chacun contenir 50 kg de viande, car il en faut 100 kg pour la recette. Les employés racontent que les équipements souillés de sang n'ont pas été nettoyés rapidement. Le porte-parole du ­ministère soutient le contraire et que le net­toyage a été ­effectué par une personne formée en matière de salubrité.

« C'est bien beau d'enlever le dessus, mais du sang, ça coule vers le bas », s'est indigné un des employés interviewés par Le Journal sous le ­couvert de l'anonymat.

« C'est dommage, parce que les prisonniers mangent de la bonne nourriture ici habituellement, mais on ne peut pas laisser passer ça, c'est de la barbarie », a confié un autre.

« On ne peut pas se permettre de tels manques de jugement dans une prison où il y a de la ­tension. »

Une plainte a été déposée au Service d'inspection des aliments de la Ville de Montréal. Une plainte, dont Le Journal a obtenu copie, a ­aussi été envoyée au Protecteur du citoyen.

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