Insolite

Elle fait croire que son fils a une maladie mortelle

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Taïeb Moalla @

Journal de Québec, Publié le:

Pendant de longues années, une femme de Québec aux prises avec de sévères troubles a fait vivre un véritable enfer à son enfant né en 2002, allant même jusqu'à faire croire qu'il était atteint d'une maladie mortelle.

La mère est atteinte du syndrome de Münchausen, maladie qui se caractérise par le besoin de simuler une maladie. À force de mensonges et de manipulations, elle a convaincu son entourage et le corps médical que son fils souffrait d'une fibrose kystique du pancréas.

L'enfant a donc dû s'astreindre, pendant des années, à des séances quotidiennes d'aérosolthérapie et a longtemps vécu dans l'angoisse de devoir subir une opération majeure (une transplantation pulmonaire).

À cause de sa consommation effrénée de médicaments (Ventolin, Pulmicort, Pulmozyme et Tobi par nébulisation, Ventolin et Ovar en inhalation, Cotazym PO et Polycose), le pauvre enfant a connu un retard de croissance, une raréfaction osseuse, un développement de la cataracte, des nausées, des douleurs abdominales, des diarrhées ou de la constipation et une diminution de l'audition.

Projection

Un diagnostic psychologique a montré que la femme était atteinte d'un trouble factice, d'un trouble de personnalité limite sévère et antisocial, d'un trouble alimentaire et d'épisodes de dépression sévères qui ont nécessité de longues hospitalisations en milieu psychiatrique.

« Cette mère, qui souffre de ce syndrome (de Münchausen), a projeté sur son fils sa condition, lui faisant vivre ce même syndrome, mais cette fois-ci, "par procuration" », écrit la juge Line Gosselin, de la chambre de la jeunesse de la Cour du Québec, dans un jugement datant du 13 février 2009.

Pendant tout ce temps, le père de l'enfant a longtemps fait preuve « d'aveuglement », selon le mot utilisé par un expert. « Le Tribunal constate avec beaucoup de désarroi que le père s'est "laissé porter par elle" (la mère) en tenant pour acquis tout ce qu'elle lui disait », ajoute Mme Gosselin.

Un signalement à la DPJ a eu lieu en avril 2008, ce qui a permis de jeter la lumière sur cette histoire sordide. Invoquant la « sécurité et le développement des enfants (le couple a également une fille née en 2000, mais qui n'aurait pas subi les mêmes traitements que son frère) », le tribunal a décidé de placer les jeunes sous la responsabilité de leur père pendant trois ans. La mère n'aura pas le droit de se trouver seule avec eux à moins d'autorisations exceptionnelles.

taieb.moalla@journaldequebec.com

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