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La «nouvelle orthographe» suscite de l'inquiétude

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Sébastien Ménard

Journal de Montréal, Publié le:

La maîtrise du français des finissants du secondaire est déjà déficiente, soulignent des profs, qui craignent que la nouvelle orthographe ne complique la situation.

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La maîtrise du français des finissants du secondaire est déjà déficiente, soulignent des profs, qui craignent que la nouvelle orthographe ne complique la situation.

La décision du ministère de l'Éducation d'accepter les mots issus de la « nouvelle orthographe » lors des examens de fin d'année a suscité de vives réactions, hier, en plus de provoquer des craintes jusque dans les cégeps, où la qualité du français des étudiants issus du secondaire inquiète déjà certains profs.

« D'un côté, les employeurs nous demandent de leur montrer à écrire, et de l'autre, ces jeunes-là nous arrivent avec peu de notions en français. Inutile de vous dire que le fait de modifier l'orthographe de certains mots ne les aidera aucunement à améliorer leur français écrit », estime Pascal Adam, qui enseigne l'informatique dans un cégep de l'ouest de la province.

Le prof, qui compte une vingtaine d'années d'expérience, a fait parvenir au Journal trois textes écrits par ses étudiants au début de la session.

En quelques phrases seulement, ces finissants du secondaire ont commis une quantité impressionnante d'erreurs de grammaire, de vocabulaire et de syntaxe (voir encadré). « Je vous ai envoyé les pires, signale M. Adam, mais les autres ne sont pas beaucoup mieux. Ça se détériore d'année en année. »

« Ognon » et « iglou »

Pascal Adam a sursauté, hier, en apprenant dans Le Journal que les élèves ne seront plus pénalisés, à compter de juin 2010, s'ils écrivent des mots comme « ognon», « nénufar » ou « iglou » dans les examens du ministère. Cette « mini-réforme » orthographique vise à « simplifier » la langue, selon les experts, en éliminant de nombreux accents circonflexes, traits d'union, consonnes doubles et anomalies historiques.

Dans un dictionnaire usuel, entre 2 500 et 3 000 mots seraient ainsi modifiés. Même si cette « nouvelle orthographe » fait peu à peu son apparition dans les dictionnaires, son usage demeure très marginal au Québec.

Le ministère de l'Éducation n'a d'ailleurs « pas l'intention » de l'intégrer dans l'enseignement au Québec, mais a tout de même décidé de ne plus pénaliser les élèves qui l'utiliseront - consciemment ou pas - dans les examens de fin d'année.

Il n'y a plus de zone grise

Partout dans la province, cette décision a suscité de vives réactions et plusieurs inquiétudes. Le Journal a d'ailleurs reçu un grand nombre de commentaires à ce sujet .

La linguiste Chantal Contant, une des plus grandes expertes de cette question, a dû passer une partie de la journée à expliquer et à défendre la nouvelle directive.

Contrairement à ce qu'a laissé entendre l'animatrice Isabelle Maréchal sur les ondes du 98,5 FM, la spécialiste réitère que la décision du ministère, annoncée à l'interne le 7 octobre dernier, constitue un changement important.

« Avant, c'était officieux. Il y avait une zone grise, dit-elle. Mais maintenant, c'est écrit sur papier.

« La nouvelle orthographe n'est pas nouvelle en soi, ajoute-t-elle, mais le fait que le ministère ait tranché la question, ça, c'est nouveau. »

sebastien.menard@journalmtl.com

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