exilÉs au Québec

Fraises l'été, chars l'hiver

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Diane Tremblay @

Journal de Québec, Publié le:

Une partie de l'argent qu'il gagne au Québec est réinvestie dans le fonctionnement de son épicerie, à Jonacatapec.

Photo Stevens LeBlanc

Une partie de l'argent qu'il gagne au Québec est réinvestie dans le fonctionnement de son épicerie, à Jonacatapec.

C'est plus payant de vendre des voitures d'occasion au Mexique que d'être ingénieur.

Chaque dimanche, José Luis Estrada Ramirez, 36 ans, se rend au marché de l'auto de la Guadalupana, près de Cuautla, avec ses amis. Lorsqu'il n'est pas au Québec, c'est la façon qu'il a trouvée pour gagner de l'argent. Avec ses profits, il achète des voitures d'occasion qu'il revend la semaine suivante. « Je viens ici depuis cinq ans. J'aime beaucoup ça, mais c'est un métier dangereux. »

Il y a un mois, deux Mexicains ont été tués par des voleurs qui ont prétexté vouloir faire un essai routier. Malgré les risques, ils sont nombreux à s'adonner à cette activité.

Son fidèle ami, José Mary Macedo, ex-matador, se destinait vers une carrière d'ingénieur quand ses parents ont éprouvé des problèmes financiers. Il a dû interrompre ses études en Floride et rentrer au Mexique.

« C'est une façon facile de gagner sa vie, car on peut gérer notre temps comme on veut. La chose la plus merveilleuse, c'est qu'on ne paie pas de taxes », dit M. Macedo.

Selon lui, un ingénieur gagne environ 40 000 pesos par mois au Mexique (environ 3 300 $). Mais pour José Mary, qui fréquente aussi d'autres marchés automobiles, il est plus payant de vendre des voitures.

« Personne ne veut quitter sa famille pour six mois. C'est le travail qui les oblige à partir si loin. Personnellement, je ne trouve pas ça normal qu'on soit obligé d'aller dans un autre pays pour travailler », ajoute l'ex-matador, faisant référence à son ami.

La situation a changé

Au fil des ans, José Luis a accumulé des économies qui lui ont permis de construire sa maison et d'ouvrir une épicerie. Le père de trois enfants aura une décision importante à prendre au cours des prochaines semaines. Sa femme, Laura Claudio, ne veut plus qu'il parte.

«Avant, c'était bien. Les conditions n'étaient pas très bonnes, mais maintenant, la situation a changé. Nous ne sommes pas très riches, mais je préfère qu'il reste avec moi et les enfants. Je reconnais que s'il n'était pas allé travailler ailleurs, nous ne serions pas ici, car on ne trouve pas de travail dans le coin », ajoute Laura.

Le fait de s'exiler au Canada la moitié de l'année n'est pas inhabituel pour les habitants de son village. José Luis connaît au moins une quinzaine d'autres personnes qui font le voyage vers le Nord.

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