« Il faudrait que les autorités gouvernementales s'aperçoivent qu'on ne fait que traiter les symptômes et non la cause du terrorisme. »
Expert reconnu dans les domaines de l'espionnage et du terrorisme, Michel Juneau-Katsuya a travaillé pendant de nombreuses années au sein du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS).
Selon lui, toute l'industrie du transport aérien est à nouveau capable de hausser d'un cran les mesures de sécurité avec l'arrivée des scanners corporels. Pourtant, la solution pour enrayer le terrorisme n'est pas dans la sécurité. S'attaquer aux causes et aux motivations du terrorisme représente tout un agenda politique.
« La psychose
recommencera »
« On arrive peut-être au bout de la démence. Il n'y a aucune solution à l'heure actuelle qui est sûre à 100 %. Cette mesure va très loin et c'est l'une des dernières lignes de défense que nous ayons. Oui, l'appareil est efficace et il peut détecter des choses. Si quelqu'un est vraiment déterminé, le prochain attentat n'aura peut-être pas lieu sur un avion, mais dans un aéroport. Et toute la psychose recommencera », dit-il.
En réagissant de la sorte, ce n'est qu'une question de temps avant que les terroristes ne changent de tactique.
« Comme des bactéries, ils s'adapteront très rapidement. Il y a des limites à la sécurité. On a dépensé plus de 600 milliards depuis le 11 septembre 2001 et nous ne sommes pas plus avancés. Ils n'ont même pas besoin de réussir l'attentat. Si c'est suffisamment crédible, on va tout changer », ajoute le spécialiste, montrant du doigt l'épisode de l'interdiction des liquides à bord des avions. L'exemple du vol 253 Amsterdam-Detroit de la Northwest Airlines est loin d'être un coup raté.
Exercice utile
Malgré tout, ce dernier croit que l'exercice actuel devait être fait afin de rassurer la population.
« Il y a eu un gros manquement à la sécurité, le 25 décembre. Il fallait colmater cette faille qui a été identifiée par al-Qaïda. C'est une faille qui nous coûtera cher. À l'industrie du transport aérien et aussi à l'ensemble de l'économie mondiale. Les voyageurs internationaux, la clientèle d'affaires perdra du temps, du temps non productif dans les aéroports. C'est une situation qui nous coûtera des milliards de dollars. Malheureusement, comme à l'habitude, nous sommes à la remorque des terroristes. On réagit à leurs actions. Tous les éléments dans ce dossier montrent un échec. »